‹ Le maréchal NeÿChapitre 18 sur 102 · BATAILLE DE LIT.NY · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LIT.NY

Relation, page 53 : « Le 16 au matin. Napoléon » donna ordre au général Kellermann de se porter, » avec son corps de cuirassiers, de Charleroy aux » Quatre-Bras, pour renforcer la gauche, sous les » ordres du maréchal Ney. Il envoya l'ordre à ce » maréchal de marcher en avant avec toute cette » gauche ainsi renforcée : ce qui lui faisait plus de » 45 000 hommes, et de prendre une honne position » uu delà de celle des Quatre-Bras, puisqu'il ne » l'avait pas prise la veille ; et dans le cas où l'armée » prussienne, comme on le supposait, recevrait la » bataille près de Fleurus ou de Gembloux, de faire » un détachement par la chaussée des Quatre-Bras » à Namur, sur le flanc droit des Prussiens. »

» Le maréchal Ney n'avait point 45 000 hommes à sa disposition : le corps du comte d'Erlon était en arrière. La division Girard était dans la direction de Fleurus. Il n'avait donc, le 16 au matin, sous ses ordres, et il n'a eu toute la journée du 16, que trois divisions, formant en réalité à peu près 17 000 hommes.

Trois divisions Cavalerie Pire ,

13 000 hommes 1 500 —

Cuirassiers Kellermann . 2 500 —

» Ainsi les 45 000 hommes que lui donne M. Gourgaud ont été réduits à 17 000 hommes au plus.

» M. Gourgaud, dans son état numéro 5, porte le nombre des combattants aux Quatre -Bras, à 22 000 hommes. On sait que ces états sont grossis, et qu'il faut encore en déduire les traînards, qui sont fort nombreux après des marches longues.

» Poursuivons la narration.

Page 56 : « Napoléon avait envoyé ordre sur » ordre, au maréchal Ney, d'attaquer avec la plus » grande impétuosité tout ce qui était devant lui. A » midi, il lui fit témoigner son mécontentement de » ce qu'il n'avait pas encore pris les armes, et était » dans ses bivouacs. Il lui réitéra l'ordre d'attaquer » tète baissée la position des Quatre-Bras, où, d'après » les nouvelles qu'ils avaient reçues de Bruxelles, il » ne trouverait que quelques forces belges, l'armée » anglaise n'étant pas réunie, et ignorant encore. » le 15, à onze heures du soir, tout ce qui se pas- » sait.

» Sa Majesté lui prescrivit de nouveau qu'aussitôt » qu'il aurait pris position en avant des Quatre-Bras, » il suivit Tordre qu'il avait déjà reçu, de faire un » détachement par la chaussée de Namur, pour » tomber sur les derrières de Tannée prussienne,

LE MARÉCHAL NBY

» dont on lui faisait connaître la position. Ce mou- » vement devait causer la ruine totale de l'armée » ennemie. L'Empereur en était si persuadé qu'il » termina ses instructions au colonel Forbin-Janson, » qu'il envoyait au maréchal Ney, par ces mots : « Dites-lui que le sort de la France est entre ses « mains. »

» Il paraît que M. Gourgaud n'a pas eu connaissance des ordres dont il parle. Je vais les transcrire ici, afin que l'on puisse juger s'ils sont conformes à son récit, et si Napoléon s'attendait à ce qu'on dût attaquer de si grand matin.

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