‹ Le maréchal NeÿChapitre 53 sur 102 · CAUCHY · texte numérisé non relu

CAUCHY

Voici, ce nous semble, un intéressant document, c'est la Lettre du Maréchal Ney !, écrite à son beaufrère, M. Monnier, quelques instants avant son exécution.

Au Luxembourg, le 7 décembre 1815, quatre heures du matin.

« Mon cher Monnier, mon procès est terminé, l'huissier de la Chambre des pairs vient de me lire la sentence qui me condamne à la peine de mort.

1. Voir ci-contre le fac-similé de l'original de cette lettre écrit*; quelques minutes avant l'exécution et dont l'écriture bien nette ne dénote aucune trace d'émotion. — Cette lettre fait partie des archives de la famille Monnier-Schlumberger.

LK M A H KCII A I. NKY

Ménagez cette nouvelle à mon bon père, qui est sur le bord de la tombe; avant vingt-quatre heures je paraîtrais devant Dieu avec des regrets amers de ne pas avoir pu être plus longtemps utile à ma patrie; mais il sçaura ainsy que je l'ai dit devant les hommes que je me sens exempt de remords. Embraisez ma sœur, dites mille choses pour moi à vos enfants, ils aimeront j'espère, malgré la terrible catastrophe qui me frappe, leurs bons petits cousins. A Dieu pour jamais, je vous embrasse avec tous les sentiments d'un bon frère.

m Le maréchal, prince de la Mos/wwa,

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