SOUS LA PRESIDENCE DE M. PASQUIEH
(Séance du 6 mars I8U)
MM. le général Philippe de Ségur et le général Petit introduisent le prince de la Moskowa.
Le fils du Maréchal Ney entre au milieu de ses deux parrains et précédé de M. le Grand Référendaire. Le jeune prince prête serinent et va s'asseoir à la gauche du président, deux ou trois bancs audessus de ceux occupés par MM. de Pontécoulant, Rossi et Montalivet.
Au milieu du trajet, M. le prince de la Moskowa se tourne vers le président et s'écrie :
— Monsieur le président, je vous demande la parole.
m. le président. — Je ne peux pas vous accorder la parole.
M. LE PRINCE DE LA MOSKOWA, d' Une VOIX haute.
— Je n'ai qu'un mot à dire, et je demande à M. le président la permission d'insister.
m. le président, l'interrompant . — Je ne peux pas vous accorder la parole ; les articles 56 et 57 du règlement sont formels. Ils disent en propres termes que, lorsqu'un membre veut faire une proposition, il fait une demande écrite, qui est déposée sur le bureau; le président en donne connaissance à la Chambre, qui décide si le membre sera admis à développer sa proposition.
m. le prince de la moskowa. — Comme ce n'est pas une proposition que j'ai à faire à la Chambre...
m. le président. — Vous n'avez pas la parole.
(La Chambre paraît fort agitée, et de sourdes rumeurs murent sur tous les bancs.)
m. le prince de la moskowa, d'une voix émue.
— Je cède au pouvoir discrétionnaire de M. le président.
m. le président. — Mon pouvoir n'est pas discrétionnaire, il est positif. L'ordre du jour.
(M. le prince de la Moskowa se rassied alors, et la Chambre reprend la discussion de la veille.)
M. Philippe de Ségur s'approche du nouveau pair et cause avec lui. MM. le duc d'Harcourt, le duc de Fezenzac, le comte de Grammont, le baron Duval, le comte Lanjuinais, le général Exelmans, viennent
lui serrer la main; MM. de Sainl-Simon et d'Alton- Sée en font autant, et la discussion du projet de loi relatif à l'organisation du tribunal fie la Seine continue.