‹ Le maréchal Pélissier, duc de Malakoff (volume 2)Chapitre 2 sur 3 · LE MARÉCHAL PÉLI5SIER · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL PÉLI5SIER

Soult. Il s'agissait d'atteindre la politique de M. Guizot, politique détestable et faible , il n'était que trop vrai , mais qu'il eût été facile de battre en brèche sans employer l'arme de la diffamation contre un officier supérieur du plus haut mérite qui venait d'agir selon son droit, selon son devoir*

Cette machine de guerre, inventée par les tacticiens de l'opposition fit merveille. Aujourd'hui gouvernants et opposants ont disparu de la scène de la vie publique. La légende du Dahara, comme une trace de sang à demi effacée, n'attire plus les regards distraits par tant d'objets nouveaux. Mais l'histoire commence pour ce règne singulier oii le fils de Philippe Egalité, troquant contre une couronne de roi sa couronne civique du club des Jacobins, essaya de réaliser le programme gouvernemental de M°^® de Genhs, de Yoidel, de Latouche et de

Choderlos de Laclos. Voyons donc ce qu'il y eut de positif dans l'affaire des grottes du Dahara.

Laissons d'abord le colonel Pélissier raconter, avec la précision et la clarté d'un soldat, cette action militaire :

" Ainsi que je vous l'ai annoncé par une dernière lettre, j'ai quitté Mostaganem le 27 avril pour entrer dans le Dahara.

« J'ai couché le premier jour à Mechera-el-Hadjour, et, le lendemain 28, j'ai conduit ma colonne à Selfoura, où je devais être rallié par le kalifa Sidi- Laribi. Les populations de ce pays ne devaient pas s'attendre à me voir paraître au milieu d'elles ; en arrivant à Selfoura, les cavaliers du goum ont vu ces populations s'enfuir vers les cavernes connues sous le nom de cavernes des Ouled Felloha et Ouled Boas-Kouna.

" On a couru à leur poursuite pour

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atteindre, avant qu'ils soient entrés dans les grottes, les troupeaux et les populations en fuite ; nous avons eu là un chasseur tué et un autre chasseur blessé ; la fusillade a continué jusqu'à ce que les fuyards soient entièrement rentrés dans leurs grottes et que les troupeaux, qui leur ont été enlevés, soient hors de la portée de leurs armes. On a ramené au camp 1,500 têtes de bétail; l'ennemi a perdu plusieurs hommes par l'effet de notre feu. Nous avons eu un tirailleur tué et cinq blessés dans le bataillon indigène. Un de ces derniers est mort des suites de ses blessures.

" Dès ce moment , les Beni-Zerouel ont demandé à faire leur soumission, mais avec des conditions que je ne pouvais accepter. J*ai donc fa:t compléter l'investissement.

" Le lendemain matin, l^^mai, ils ont consenti à se somnettre, en accep-

tant toutes les conditions imposées, y compris l'évacuation et la livraison de leurs grottes. En effet, dès ce même jour, nous avons pu pénétrer dans ces repaires, et j'ai envoyé chercher àMostaganem la poudre et les outils nécessaires pour les détmire entièrement ; il m'a paru que je ne devais pas hésiter à m'arrêter ici quelques jours de plus pour compléter cette opération. »

Au total, le colonel PéUssier avait fait compléter l'investissement.

Dans l'armée comme ailleurs, l'émulation dégénère quelquefois en rivalité.' Le National qui, on le sait, avait des amis dans l'armée, reôueillit des versions mensongères , spécieuses , d'après lesquelles le colonel PéUssier passa pour avoir grillé les Arabes et poussé jusqu'à l'atrocité les horreurs d'une guerre d'extermination.

On avait de l'esprit ^lm National et on

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