‹ Le Marfore de Gabriel Naudé, ParisienChapitre 1 sur 7 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

qu'il avait vus et touchés. Le seul témoignage de l'existence réelle de ce livre-fantôme était son inscription en tête du catalogue des ouvrages de Naudé, dressé par le P. Jacob à la suite du Nandœi tumulus, et qui se trouve répété à la fin du Naudœana.

On a donc quelque raison de considérer comme unique l'exemplaire que nous reproduisons, et qu'un heureux hasard a fait découvrir, il y a quatre ou cinq ans déjà, dans une vente publique à Rotterdam. Bénissons ce hasard, doublement heureux, qui a rendu possesseur de ce volume, albo corvo rarius, un amateur intelligent et libéral, supérieur aux étroites manies des bibliotaphes. Grâce à lui, le Marfore est assuré de ne plus retomber dans les ténèbres : il a cessé d'être chimérique.

Nous ne nous piquerons pas, à propos de cette mince publication, de refaire l'histoire de la vie et des opinions de Gabriel Naudé. Après les recherches de Ch. Labitte, après le portrait magistral de Sainte-Beuve, Naudé n'a plus rien à réclamer de la critique du dix-neuvième siècle. Quant au livre lui-même, dont le lecteur aura bien vite parcouru les trente et une pages, c'est un ouvrage d'écolier avancé, mais d'écolier; une thèse dont la rhétorique fait tous les frais, et où il n'y a rien à prendre pour l'historien. Le censeur des libellistes ne cite pas même les noms de ceux

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