NOTICE. VU
qu'il réfute, ni les titres de leurs écrits. La date de 1620 indique seule qu'il s'agit des libelles publiés contre le duc de Luynes, au moment de sa plus grande faveur, et dont les catalogues de bibliothèques donnent d'assez longues listes. Les principaux de ces pamphlets ont été réimprimés en un volume de plus de cinq cents pages intitulé : Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faites pendant le règne du connestable M. de Luynes, avec cette épigraphe : — » Le seigneur des armées, le Dieu d'Israël dit cecy : Voicy, je donneray à ce peuple-cy eau de liel pour boire, et, pour manger, l'aluyne. » (Jeremie IX, v. 15.) Quelques traducteurs de la Bible ont donné ce nom d'aluyne à l'absinthe. On juge quel parti les ennemis du connétable ont pu tirer de ce calembourg. Il se trouve, dans le recueil que je viens de citer, une pièce en vers avec ce titre : les admirables propriétés de l'absynthe, nommée des Espagnols aluzna , des Italiens assentio, des Allemands wermuth, des Polonois fyolin, des Arabes assintium, et des François Yherbe de Valuyne; etc.
Naudé avait vingt ans quand il publia le Martyre; et dans ce premier ouvrage il se montre déjà tel qu'il fut toute sa vie : partisan de Tau torité et du monarque, non pas en enthousiaste, mais en sceptique, jaloux de son repos, et ennemi avant tout du trouble et de la multitude.