NOTICE. IX
longues guerres et des dissensions dont le souvenir était encore récent. Cette ère calamiteuse fermée en 1593 par l'abjuration de Henri IV, Naudé craint de la voir se rouvrir ; et il estime que mieux vaut pour le paysan payer double taille et taillon (p. 29), que de recommencer à loger des gens de guerre et à se défendre contre les pillards. Somme toute, libéralité excessive du prince, abus d'autorité, déprédations des favoris, lui semblent moins préjudiciables à l'État qu'une guerre de trois mois.
Son argumentation, qu'il serre par moments et divise point par point, comme un prédicateur, s'échappe le plus souvent et se fourvoie à travers les citations et les preuves historiques. Sous ce rapport, à cause de l'abondance et de la diffusion (non pas confusion) on peut dire que le Marfore est vraiment l'œuf du Mascurat, ce livre extraordinaire, prodige d'érudition désordonnée, où l'on trouve tout, pourvu qu'on n'y cherche rien. (Qui nous donnera jamais un sommaire, un index analytique du Mascurat !)
Les conclusions de Naudé sont au reste des plus clémentes. Malgré les exemples qu'il rapporte de châtiments terribles infligés auxmurmurateurs et aux rebelles, il ne requiert contre ses contemporains ni rigueurs, ni supplices. Le seul rempart qu'il veuille opposer aux assauts tumultueux de la fureur des libellistes, c'est le