VIII NOTICE
En politique, il en était resté aux idées d'Aristote : la Politique pour lui était un art, l'art de gouverner les hommes. Cet art, il devait plus tard en donner les règles, et en dresser la bibliographie.
Pour le moment et à cet âge de vingt ans, sa colère contre les faiseurs de libelles lui vient d'un besoin de paix et de protection. Il en veut aux politiques, qu'il appelle quelque part « maquiavellistes », comme à des brouillons qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas, et qui empêchent les honnêtes gens de travailler et de chercher fortune avec les livres. On n'a, suivant lui, nul compte à demander au souverain ; on ne lui doit que l'obéissance. Il est maître absolu de ses dons, comme Dieu de ses grâces, sans que personne ait le droit d'en critiquer ni d'en limiter l'usage. Peut-être entrait-il dans ce zèle contre les mécontents et séditieux quelque désir secret de faire sa cour aux grands et de se pousser en haut lieu. Naudé, on le sait, ne fuyait pas les patrons, et pour ce premier coup il n'aurait pas trop mal réussi, s'il est vrai, comme on le dit, que c'est sur la lecture du Marfore, et en raison de l'érudition dont il fit preuve dans ce court ouvrage, que le président de Mesmes le prit pour son bibliothécaire.
Après tout, cette soif de paix et de loisir se comprend chez un homme d'étude, à la suite des