SCENE V
les mêmes, FERNAND.
dom fernand, encore debout près de la croisée.
Je ne vous dérange pas ? *
dom enrique, tremblant.
Mais... mais il me semble que si... Vous entrez donc sans vous faire annoncer, monsieur ?
fernand.
Pardon... c'est que je n'ai pas trouvé de domestiques à la porte.
dom enrique.
Je crois bien... quand on entre par la fenêtre.
FERNAND
Je n'avais pas le choix des moyens... Mais si ma visite est trop indiscrète, et pour peu que vous y teniez, je vais me retirer.
éléna, vivement.
Mon pèreî mon père! ne le laissez pas partir... Un proscrit, peut-être !
fernand, se retournant.
C'est vous, mademoiselle, qui étiez à cette croisée?... (// s'avance vers Eléna.) Oui, je vous reconnais, et je vous remercie... (A dom Enrique.) Je vous remercie aussi, monsieur, d'un accueil si gracieux.
DOM ENRIQUE
Comment! un accueil!... Mais je ne vous accueille pas du tout, monsieur !
FERNAND
N'importe, je nevous en suis pasmoinsreconnaissant. dom enrique, s'emportant. Ah! mais...
FERNAND
Seulement, comme lorsqu'on reçoit quelqu'un chez soi, il faut savoir... à peu près, à qui on a affaire... (£m offrant une siège.) Prenez donc la peine... dom enrique.
Comment, monsieur, c'est inutile...
FERNAND
Je vous en prie... sans quoi, moi-même, je ne saurais... et j'ai grand besoin... (Ils'assied.)
DOM ENRIQUE
Mais enfin, qui êtes-vous ?...
Il se retourne , et voyant Fernand assis , il s'assied aussi avec mécontentement.
FERNAND
Je vous dirai que je suis aussi gai compagnon que vous pouvez l'être... aussi bon gentilhomme qu'il y en ait en Portugal , et aussi mauvaise tête qu'il puisse s'en rencontrer sur les terres du gracieux Jean de Bragance... que le diable puisse emporter!
DOM ENRIQUE
Monsieur, monsieur, vous donnez à cet illustre prince une monture...
FERNAND
Que j'aurais bien voulu avoir pour moi-même, il n'yaqu'un instant. Figurez-vous, seigucurchâtelain...
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