SCÈNE X
J.F.s Mêmes , EDOUARD.
Édouard, à part. Maintenant, je ne crains plus. . . [A Suzanne qui sort.) Eh bien ! ma lettre ?
suzanne. Elle est avec le reste.
poncet , qui s’est assis sur la chaise , auprès de la tuhle , tenant une lettre. En voilà une qui est par fumée. [Apercevant Edouard.) Eli! monsieur Edouard!
céleste, troublée. Monsieur Edouard!
Édouard. Je vous dérange , peut-être , madame?
poncet, ouvrant la lettre. Non, non. . .
Où avez-vous laissé votre chère Erncstinc ?
car il paraît que c’est une passion . . ■ Oh ! il ne faut pas vous troubler pour ça.
Édouard. Vous vous trompez... je dc me trouble pas.
poncet. Tiens. . . en voilà une qui est drôle.. . ( Lisant ■ ) « Non , madame , non , » ce n’est pis en vers que je peindrai Faii mour qui me dévore. »
Édouard, rffrayè, à pari, C^u’cnlends je ?
céleste, venant auprès de Poncct. Que dites-vous?
po .ic et | riant. Oh! rien, rien... ma femme me fait lire sa correspondance , et je tiens une déclaration .... Nous allons rire... (Lisant.) « Non, madame, non, » ce n’est pas en vers que je peindrai l'a- » mour qui me dévore. >»
Édouard , à part. Ma lettre !
porcex, continuant. «* Mon cœur est trop » impatient de s'épancher dans le vôtre, » pour sc soumettre aux lenteurs d'un Jan- » gage qui n’est pas le mien. »
Édouard. Ciel !.. . .( Voulant prendre la lettre.) C'est assez.
céleste , à part . C’est de lui I POUCET. Attendez donc. . . (Lisant.) « Je » ne suis pas poète . . . Mais l’amaut le plus * tendre, le plus. . . » Ah ! voyons le nom du personnage.
Édouard. Monsieur. . . (Poncct va tourner la page; Céleste prend vivement la lettre.)
céleste. A quoi bon, monsieur?...
qu'importe son nom ? quel qu'il soit, je n’en veux pas entendre davantage : et voilà le cas que je fais de sa lettre et de son amour.
(Elle déchire la lettre .) porcet. Ah! je t'en prie. . . je veux savoir quel est ce petit monsieur-là... ne fiit-ce que pour lui faire compliment, et lui donner une leçon.. .Tu le connais peut-être?
CÉLESTE
AtR fie Téniers.
Non ; car «lors je lui dirai : Mon aine De cet amour saura se garantir. . .
Ce n’est qu'un pirge.. .
EDOUARD
Y pensez-roo* . madame ?
Tant de rigueur !...
CÉLESTE
ü n'en doit point souffrir.
De ces messieurs on sait la prévoyance ;
Et celui-ci , prompi à tout calculer. . .
Auprès d'un autre, aura trouvé d'avance ,
Les moyens de sc consoler.
4 porcet. C’est bien. . . mais lu en parles avec une émotion . . .
céleste. Moi!... Que voulez - vous dire?. . . quelle idée avez-vous?
roscKT. Je n’ai pas d’idée. ■ ■ mais, c’esl égal , je le connaîtrai ... je crois même .que j’y suis... {Mouvement de Céleste et d’Edouard. Poucet passe entre eux. ) D’abord |J dit qu'il n'est pas poète.
Édouard. Laissons cela... {Tirant un papier de sa poche.) Voici les vers. . . l’épî- Ire que j'ai promise à madame pour ce soir vos cet. Ah! enfin. (A Céleste i) Laisse-moi donc voirl’écrkurc : j’ai cru reconnaître . . .
Édouard, à part. Diable !... {Il remet son papier dans su poche. }
cÉuoTi, Lh ! itiou ami , brisons là, je
vous prie . . . c'est donner trop d'attention à une bagatelle . . .
pohcet. A la bonne heure. . . n’en parlons plus... Voyons vos vers, monsieur Edouard.
Édouard, embarrassé. Mes vers !... ah !
oui. . . mon épilre.
CÉLESTE, passant vivement entre eux. C’est inutile. . .monsieur les liro ce soir., .vous l entendrez . . . mais, pour l’instant, nous avons autre chose à faire. ..Vous d'abord , votre toilette... et moi , je veux voir si rieu o’esi oublié.
ro.vcxr. C'est juste. . .tu as raison. . . on va arriver, uous n'avons pas de teuis à perdre... Mon cher Edouard, vous voulez bien nous permettre , n’est-ce pas?
édouakd. Commcntdonc? je vous enpric.
roacET, à Edouard las , pendant que Céleste est surlc devant à gauche. Dites donc . . . je sois sûr que c’est ce petit myope qu'on voit partout, avec sa figure pdle, ion air capable, et sa -barbe de bouc...
céleste. Monsieur l’oncel!
rosser. Oui, j’y vais , j’y vais. . . En attendant , loi, U-bas,près de Suzanne remplace-moi un peu.
céleste, bout de suite. ( Poncct sort par le fond; Céleste ya sortir par la droite. )