‹ Le Mari d'une muse, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 14 sur 24 · CELESTE, EDOUARD · texte numérisé non relu

CELESTE, EDOUARD

Édouard, se jetant entre Céleste et la porte. Ah ! madame ! écQutcz-moi !

céleste. Laissez-inoi, monsieur. .. éloignez-vous.

Édouard. Ah! de grâce! un mol, un seul ... que je me justifie. . .

céleste, \oici votre lettre, monsieur.

Édouard. Non, madame , je ne la reprendrai pas... c’est à vous qu’elle s’adresse . . . Ah ! si j'eusse pensé que cette expression d'un amour si teudre, si sincère, pût un seul iustant vous compromettre , je serais mort mille fols plutôt que d’a.vouer mon secret... Mais pourquoi cet air de dédain?. .. ce courroux que je lis dans vos yeux? Est-ce un crime de vous avoir écrit ?■ ■ en est-cc un de vous aimer?

céleste. C’en est un de ne vous être introduit chez moi que pour chercher à me séduire. . . Ces entretiens si doux, où je livrais à vos conseils mes travaux et mes projets-. ■ nù à chaque phrase, à chaque vers que nous lisions ensemble , je m’enir vrais de vos éloges — c’était un piège que -votre esprit tendait à mou inexpérience . . . à ma vanité peut-être.

Edouard, Oh non ! ne le croyez pas. . .

c’était d’abord de la franchise, de l’amitié...

Mail pensez-y donc : toujours près de vous. . . témoin de ces inspirations qui venaient exalter votre ame et la mienne ...

comment défendre mon cœur contre le charme d'une passion que vous peigniez si lien • . . d’une .passion que je retrouvais partout. .. dans vos ouvrages, dans nos lectures... que plus d'une fois même j’ai cru voir dans vos yeux mouillés de larmes. . .

lorsqu'à une belle pensée , à un beau vers, vous vous rapprochiez de moi , et que ma main pressait doucement la vôtre.

Am : Pour U trouver je vaij en Allemagne ( i'ielva ).

En ce moment il me semblait, madame,

De poésie et d’amour cuivré,

Que celte ivresse de mon ame Dans la vôtre avait pénétré.

Animés du même délire,

Nos coeurs toujours s’étalent si bien compris,

• Que vous aimant sans oser vous le dire , de croyais vous L’avoir appris.

céleste. Ah ! ce danger qu'il y avait à vous entendre , h penser avec vous. . .je ne le sentais pas alors. . . Ce n’est qu’en ce moment où je n’ose lire dans mon cœur.

Édouard. Grand Dieu!... vous m’aimeriez ?

céleste. Oh ! ne le croyez pas... s’il était vrai, je voudrais l’ignorer moi-même. . .

Mais heureusement il n’en est rien ... et vous-même , ce n’est pas moi , c’est M m ' de ‘ JS oh a u que vous aimez.

ÉDOUARD. O ciel !

. céleste. Elle me l’a dit. . . ici , devant vous... vous l’aimez... elle vous aime...

elle sera votre femme.

Édouard. Oh ! non , non . . . j’ai pu l’aimer il y a long-lems — je ne vous connaissais pas alors... mais tout est rompu entre nous. . . ce mariage , qui n’était qu’un projet vague , insignifiant. . . il n’aura pas lieu... elle le sait maintenant. ..c’est vous seule...

céleste , trh-émue. Non, monsieur, non.

vous cherchez à pie tromper.

Édouard. Jamais.

céleste. V ous vous trompez vous-même.

Édouard. Ne le croyez pas... jamais amour ne fut plus vrai , plus tendre ... je vous le jure , je vous fe jure à genoux.

( Il se jette à scs pieds. )

céleste. Monsieur, monsieur, relevezvous.

Édouard. Ditcs-inoi que vous me croyez, que vous ne vous défiez plus

céleste. Ah! vous me faites trembler, Edouard!... {Les portes du fond s’ouvrent. ) Ciel ’

Édouard, restant à genou c.Volre mari!.. .

ne fuyez pas. , ne tremblez plus,

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