LAMBERT, EDOUARD
Édouard, va pour sortir aussi, Lambert le retient. Eh bien ! docteur , que inc voulezvous?... Vous voyez, on m’alleud; je ne voudrais pas perdre une strophe.
Lambert. A merveille.. . mais pourriez vous me dire où se trouvent, dans ce livre, les vers que vous y écriviez tout à l’heure?
édouabd. Dans ce livre ?
Lambert. Je n’y vois que des dépenses de ménage, et pas un hémistiche.
Édouard. C'est possible . adieu docteur.
Lambert, le retenant. Un moment : vous le voyez, je sais Irès-bienccqiie vousfaisicz ici, aux genoux de-M"* Poncet. . . ah!
vous ne me tromperez pas, moi, j’y vois clair. ... je ne suis pas le mari:
Édouard. Que voulez-vous dire ? lambert. Que vobs êtes amoureux delà dixiéme musc : c’est pour elle que vous êtes infidèle àcelte pauvre M“ c de Nohan, qui en mourra. -
Édouard, Eh bien ! oui , docteur, c’est vrai ... et je souffre plus que vous , plus qu'elle-mêuie, du chagrin que je lui cause, mais que voulez-vous ?.. i'aiinc ailleurs, k Lambert. Ah! vous l’avouez donc...
madame l’oncet.. « .
■ f.douasd. Eh bien ! oui , docteur , oui , "je l’aime... j’en suis fou... je n’y voyais d’abord qu’une plaisanterie. Faire ma cour en prose poétique à une femme de lettres, c’était la première fois... c’était amusant... ça me changeait un peu... mais bientôt ce qui n’était qu’un badinage est devenu une passion sérieuse. Ah! docteur, il y a tant de grâce et d’abandon sous tout ce fatras de poésie ! et puis une tête toujours exaltée , un cœur toujours plein d'émotions , cela vous entraîne, cela vous enivre; et maintenant , voyez-vous , cntr’elle et moi , c’est à la vie ou à la mort.
lambert. Mais le mari, monsieur, le mari !
Édouard. Eh bien! le mari... il n’est pas à plaindre. .. il ne se doute de rien.
lambert. Et moi , monsieur, je vous ai dit quelles obligations j’avais au père de Poncet.
Édouard. Sans doute. . . et vous ôtes trop reconnaissant de ce que vous devez au père, pour mettre dans la tête de son honnête homme de fils des idées ridicules.
• lambert. Laissez donc . . . il saura tout:
Édouard.
Air du premier Prix.
Vous qu'l l'aimez.
LAMBERT
C’esl cela même.
ÉDOUARD
Vous rie*.
LAMBERT
Ce n'est point un jeu.
ÉDOUARD
Ce serait un moyen extrême.
LAMBERT
Je veux le réveiller uo peu ...
Il connaîtra vos incartades.
ÉDOUARD
Quel chagrin pour lui!
LAMBERT
Je le sers.
Il faut , avec certains malades ,
Employer parfois les amers. *
poncet, en dehors. Joseph ! Etienne !
Édouard. M onsieur, monsieur, je confie mon secret à votre honneur , à voire délicatesse.