LAMBERT, PONCET, EDOUARD
poncet, portant un petit plateau et un verre.
Joseph, Etienne ... des glaces , du punch h ces messieurs. Acceptez donc, messieurs, je vous en prie. . . Ah ! Lambert , tu n'étais pas là! que tu as perdu , va !.. . elle lit ■ . . tu n as pas entendu le premier morceau ! . . Si lu savais quelle ivresse, quel succès !.. je suis encore tout étourdi des bravo, des brava, et de deux ou trois verres de punch que j’ai bus , dans mon enthousiasme . Je vais lui porter cette eau su-
vî:
crée , pour )a seconde lecture. {A Edouard, qui sort. ) Monsieur Edouard , mon cher inonsieurEdouard, passez d'ans la chambre à coucher. . . la couronne sous le coussin du canapé.
zdouard. Tout de Suite. ( Allant h Lambert qui fait un mouvement ; U demi— voies.) A votre honneur , à votre délicatesse. ( Il sort par la porte à droite. )
poncet , à Lambert. Laisse-le donc al* 1er... c’est une petite surprise que nous ménageons a ma femme.. . une couronne qu’on posera sur sa tête.
lambeut. Et tu te prêtes à cela ?
PORCET.
Air : J'ai vu le Parnasse des dames.
li faut bien que je l’encourage.
lambert.
Cela peut se faire autrement..
PORCRT.
Demande un peu quel est l’usage
A nas actrices de talent.
Toujours, mon cher, une couronne
Est achetée, on le cooçoit. . .
tlMEEBT.
Oui , par le public qui la donne.
PORCET. (
Par le talent qui la reçoit. .
Je l’ai commandée moi-méme chez M" Prévôt : une couronne de roses et d’immortelles.
LAMBERT. Tu es fou.
por cet. Hem ! . -. tu dis . . .
lambert. Je dis que tu cs fou , et que ta mérites bien ce qui va t’arriver. porcet. Qu’est-cc qui va m’arriver?
laubert. Malheureux ! tu ne vois pas que la te rends ridicule.
poncet. Moi! . . Lambert , tu t’égares.
Lambert. Toi, brave et simple garçon , h qui il fallait une bonne femme de ménage, pour diriger ta petite fortune, lu te jettes dans des rêves, des illusions... Tu te démets de ta place, pour venir dissiper à Paris le peu que tu as en soirées , en’ folies, en frais de représentation et d’impression !
porcet. Laisse-moi donc tranquille!. . .
pauvre docteur , tu n’y entends rien. . . et nos poésies nouvelles qu’on va nous achc* ter dès ce soir!., et nos romans, qu’ou nous paiera au poids de l’or !. . . Le génie de ma femme est une mine... Si tu entendais dans le salon!
lambert. Qui ?. . . des gens que la ne connais même pas, que tu n’as jamais vus, des jeunes élégaus qui ne disent pas uo mot de ce qu’ils pensent , quand ils pensent . . . et qui viennent faire la cour à ta femme , à ton nez et à ta barbe, sans quçtut’en doutes.
: porcet. Lambert.’ I aietfL • •’•&
. sAMbsuT. ~ . 0 ..:„ t
Air : Amis , voici la riante semaine.
Comprends moi donc ... Une musc est mortelle , El Ici alors qui cherche S l’enlobrer De eompïimcns , si bien reçus par elle p A son profil ne veut que l’enivrer. . .
En la flattant, on l’exulte, on l'enflamma y Et cet encens qu’on lui prodigue ainsi ,
Porte à la tête «le la femme Et quelquefois S celle du mari.
porcet. Lambert !
lambert. Les rendez-vous poétiques sont pernicieux ; et pendant que tu tiens dans ton ménage la place de ta femme, on cherche à prendre la tienne.
porcet. Assez, Lambert, assez: voilà des imputations calomnieuses que je ne permets pas. .. je suis heureux, je suis riche du talent. . . de ma femme. . . et je ne souffrirai pas qu’on porte atteinte à son honneur et au mien. ( Plusieurs personnes sortent du salon en causant . )
lambert , baissant ta roix. Au lien , à la bonne heure. . . mais prends-y garde . ( Il se mile aux personnes qui tiennent tl entrer. ) porcet, à part. Par exemple! il a des idées. .. et la lettre de ce matin!. . . Allons... ça n’a pas le sens commun...
portons mon verre d’eau . ( Lambert sort. )