‹ Le mari de la dame de chursChapitre 15 sur 60 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

NINETTE, MOQUET.

MOQUET , revenant à Ninette, après avoir fermé la porte. Enfin, les voilà partis... on peut donc éUe seul avec ses amours...

pour baiser ses petits doigts... ses petits t)ieds... {Il se met à genoux devant elle.) ^ue tu es gentille, va... je voudrais te manger !

<I1 lui prend les mains et les baise avec transport.)

* MNETTE. Moquet, tu m'aimes trop...

Ali ! tu me rnords !. .

3I0QUET , un peu stupéfait. C'est possible ! c'est la passion ! {Reprenant le ton caressant.) Ce qui m'ennuie, c'est qu'on vienne toujours rôder autour de toi!...

mais ça m'est égal!.... tu es à moi, n'est-ce pas ?. . . à moi !.. à moi !.. à moi ! . toujours et continuellement?...

MNETTE. Tu en doutes, petit ingrat?..

(A part, en regardant la fenêtre» d'un air triste.) Il ne joue plus I...

MOQL'ET. C'est que je suis un peu jaloux., un peu beaucoup même. Souvent, la nuit quand je sommeille... (i7 dit les premiers mots de cette phrase, de manière a rappeler l'air qu'elle indique) je m'éveille en sursaut, et je dis : {allongeant le bras d'un air furieux, par-dessus safemme)^célérat !

NINETTE , souriant. Quelle folie !

MOQUET, tendrement. Oui, c'est une folie... c'est que... si je craignais que lu me fisses... {Mouvement de Ninette.) Eh bien! non, non, je ne crains pas! (// aies genoux tantôt par terre, tantôt sur le tabouret, et paraît fort gêné de cette alternative.) Vois-tu, ma Ninette, je passerais ma vie dans cette

position aussi délicieuse qu'incom-

m«de...

NINETTE , se levant. Et tu le dois, Moquet; car, moi, je t'ai tout sacrifié.

Air : Belle couturière. (Bal d'Ouvriers.) Oui, pour rester sage Et u'pas faire outrage Au nœud qui m'engage, Vois ce que j'ai fait :

Les brillaut's parures, Les riches voitures, Les nobles foumres , Ont bien quelqu' attrait !

J'n'ai pas d' cach'mire , D'bijoux qu'on admire , Pourtant, quand je m'mire, Je n' me trouv' pas mal ; Quand j'mets ma bell' chaine, J'entends avec peine Dire à l'avant-scène :

C'est du chrysocal !

Et pourtant si je voulais... j Mais non, non, jamais! \ i h' \ Et tout ça, {bis.) t ^'"'•'

Pour cet homm' là ! I

■OQCET.

Même air.

Moi, si quelqu' duchesse , Epris' de tendresse, V'nait dans sou ivresse, Me dir' : Beau Moquet J'aime ta tournure, Ta douce figure ; Je pris' ta chev'lure , Ton p'tit nez coquet....

Et si quelqu' danseuse, V'nait, bien amoureuse , M' dir' : rends-moi z 'heureuse , Be'ponds à mes vœux !

Je t'aim' sans partage.

Cède à mon langage ; Je n'demand' pour gage Qu'un' mèch' de tes ch'venx !

Je r'fus'rais, J' m'sauv'rais, T'nant mon chef, Comm' Joseph...

Et tout ça, {bis.) Pour cette feram' là 1 ( // se jette de nouveau a deux genoux devant Ninelte , et lui baise les mains, lorsque Lolotte entre par la droite ; elle n mis son chapeau^ un châle et des socques.)

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