‹ Le mari de la dame de chursChapitre 21 sur 60 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MOQUET, VERDIÈRES.

VERDIÈRES, à part. Insupportable !. j'en étais sûr... elles commencent toutes par me trouver comme ça.;.

MOQUET , toujours la main sur ses yetix , heurte Verdières. Mais c'est à en perdre la tète!...

VERDIÈRES. Qu'y a-t-il donc , mon cher Moquet?

MOQUET. Il y a... il y a... (Lui prenant les /n«mj-.^ Vous êtes mon ami, vous; vous êtes pour moi un deuxième pèie. vous êtes ma plus ancienne pratique... 11 m'arrive une chose...

VBitDiÈRES. Mais vous m'effrayez! parlez !..

MOQUET. Ma femme!... {Il se donne une lape sur le front.) O ciel!

VEuiuÈnES. étonné. Pas possible!

MOQUET. J'ignore le nom de mon antagoniste... mais il existe... on me l'a avoué.

VERDiÈi'.ES , à part. Est-ce que Jules serait déjà si avancé que ça?... Ah! diable!. .

MOQVET y afec émotion. Je voudrais me jeter dans vos bras un moment

vmDIERES) étendant les bras, d'un air

résigné. Jetez-vous y.

(Hoquet se jette dans le» bras de Verdière» et l'embrasse à deux reprises.)

MOQUET, d'un petit air dégagé. Je suis un homme très à plaindre, savez-vous?

Il y a un rendez-vous pour ce soir.

VERDIÈRES. Ah ! bah 1 {A part.) Di'jà ?

HOQUET , allant ramasser le bouquet qui est resté par terre. Yoilà le sljjnal!

VERDIÈRES. Et votre fenune l'aime?

MOQUET. La rose-pompon?

vIbrdières. Non... lui... cet amant...

HOQUET , at^ec douleur. Si elle l'aime ? elle en est insensée !

VERDIÈRES. Elle vous l'a dit?

HOQUET. A moil à moi-même!... parlant à ma personne , {ai>ec indignation) comme disent ces gueux d'huissiers.

VERDIÈRES. La chose est grave !

MOQUET , avec importance. Pour moi !. .. de la plus haute gravité !

VERDIÈRES. Et à quoi attribuez-vous ce refroidissement?

MOQUET, /ôrf étonné et gaîment. Refroidissement?... le mot est hasardé.

VERDIÈRES, Elle a donc été égarée?

MOQUET , avec désespoir. Perdue ! c'est sa mère... c'est son obélisque de mère... une femme qui survit à toute son espèce.. le dernier type d'tme race éteinte., comme les carlins !.. On n'en voit plus ! . .

VERDIÈRES. Et que prétendez-vous faire?

MOQUET. Je vous le demande., à vous..

{avec amertume) qui nous avez mariés I . . . {Se reprenant vivement.) Je ne vous en veux pas !.. à vous, à qui je fournis des corsets depuis quatre ans. . . et des mollets. . depuis six... {élevant la voix) des mollets ! VERDIÈRES , impatienté. C'est bon ! c'est bon ! . . . vous criez I . . .

MOQUET. Je vous le demande... que feriez-vous? Conseillez-moi, car je n'y suis plus... (montrant son front) j'ai tout ceci entrepris... je suis fou... je ferai quelque malheur.

(11 remonte la scène, saisit une chaise, et l'agite violemment en Tair.)

VERDIÈRES. Arrêtez!

MOQUET. Je jetterais mon mobilier par la fenêtre.,, s'il ne m'appartenait pas.

VERDIÈRES , le ramenant. Allons, vous êtes trop violent!

MOQUET. Oui, je le suis, violent!...

oui, je le suis... la jalousie me ronge...

elle me mine! je n'ai pas sur le corps

large comme ça qui ne soit jaloux !

VERDiÈJKEs. Voyons, voyons, croyezvous qu'il y ait réellement du danger?

HOQUET , prù à pleurer. Vous me le demandez, viedlard.'' vous demandez à im somuanibulc qui se promène sur une gouttière, s'il y a du dangerj' etes-vous sourd? ou êtes-vous ivre ? puisque je vous dis qu'il y a un rendez^vous pour ce son!

VERDIÈiiES , à part. Ce petit drôle est si avancé que ça! comment a-t-il fait? il va se moquer de moi.

MOQUET , s'èloignatU d'un air aurant! Eh bien ! vous ne me donnez pas de conseil?.. ah ! les malheureux n'ont pas d'amis.

VERDIÈRES. Si (ait!

MOQtiET . retenant vivement. Ils en ont?

VERDIÈRES. Oui, et je vais vous le prouver.

SIOQUET. Je vous écoute avec respect.

VERDIÈRES. Je ne vois qu'un moyen de vous empêcher d'être. . .

MOQUET , V interrompant vivement. Je sais... ( après un temps ) achevez!

VERDIÈRES. Et le moyen est tout simple... c'est d'accepter l'engagement de Londies.

MOQUET, avec joie. Oh!

VERDIÈRES. Et de faire partir votre femme ce soir même ; il n'y a pas une minute à perdre.

MOQUET , lui saisissant la main avec cordialité, puis le quittant aussitôt et faisant deux pas en arrière. L'idée est majeure! ( il se rapproche de Verdières ) et j'en embrasse toute la portée.

VERDIÈRES, d'un air satisfait. Hein?

MOQUET, avec joie. Je les sépare violemment.

Air : J^ai vu le Parnasse des dames.

Oui, par cette ruse nouvelle, Je vais poser la Manche entr'eux.

VERDIÈRES, à part.

Dans huit jours, je suis auprès d'elle.

MOQUET.

Ah ! ponr un mari , c'est affreux !

Ma femme part pour l'Angleterre, Je vais vivre seul, dédaigné' [Gninient.)

Mais je vais perdre aussi sa mère ,

Et c'est toujours ça de gague'. (JSis.)

Et la chienne..! et la chienne! quel placement !

VERDIÈRES. La malle-poste vous répondra de tout...

MOQLET. La malle-poste ! vous avez raison! pourvu que les plates soient encore libres !

VERDIÈRES. Je cours les retenir.

MOQUET. Vous auriez cette bonté?., moi, je vais faire les paquets... les malles sont toutes prêtes... et à son retour, elle aura

beau crier je resterai sourd à tout

comme tm pot... je ne répondrai que ces * quatre mots : Tu partiras !.. moi , je vais

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fair« les paquets... allez à la malle-poste.. NOUS êtes mon appui , vous êtes mon soutien , vous êtes... ( il cherche long-temps le mol, et dit avec force:) ma canne... oui! (Il soit par la gauche)

VERDIÈRES , seul. Et moi, je cours...

me voilà lancé dans une intrigue subalterne... courant pour une danseuse, de concertavec un tailleur, unmari! ahl ah! ali! et pour enlever ce trésor à un jeune niais. . .

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