‹ Le mari de la dame de chursChapitre 23 sur 60 · SCENE Xlll · texte numérisé non relu

SCENE Xlll

JULES , puis MOQUET

MOQUET , en dehors. Fermez les malles , entendez-vous?., et descendez par lo petit escalier.

JULES, à lui-même. A la coinse... et pourquoi pas?

MOQUET , à la cantonnade , apportant deux cartons à chapeau, un petit coffire de toilette et un grand carton carré. Il a un habit et un chapeau. Bien ! bien ! je porte le carton. . . rooe de sylphide !

JULES. Ah! c'est monsieur Moqnet!

MOQUET , portant son bagage devant le fauteuil à gauche. Tiens, vous voilà? ah ! bleu! j'ai biea autre <*ho8e à penser qu'à

vos satanés maillots. (A pari.) fï est bon enfant , le sauteur !

JULES. Eh non!., je venais vous parler., mais vous partez...

MOQUET , très-effaré. Pas moi , mais ma femme. . . (Il porte la main sur ses feux pour réfléchir. ) Ah! l'ombrelle... le parapluie ! . .

(Il entre à gauche, toujours en courant.)

JULES , pendant que Moquet a disparu. Le

mari n'en est pas c'est déjà quelque

chose.

MOQUET , revenant chargé de hardes et de deux parapluies , à la cantonnade. Remettez le tout au commissionnaire. . . voilà !

JULES. Ces dames vont?..

MOQUET , préoccupé. A Londres. . . (H se place de nouveau au milieu du bagage. ) C'est que, voyez-vous? je suis en affaires...

JULES. Ah ! oui , le fameux engagement.

MOQUET. Pour Cowint-Gardint ! quinze mille francs par an!... mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ah ! j'oubliais. . .

(Il sort par la droite.)

JULES. Eh bien ! morbleu ! je n'en aurai pas le démenti... elle m'aime, elle en est convenue... c'est assez invraisemblable, à moins que je n'aie produit à la première vue un effet!., tiens, pourquoi pas?., mais pour le savoir, je n'irai pas jusqu'à Londres. . . (Il tire son agenda et écrit jusqu'à la rentrée de Moquet.) La route de Calais... par Amiens... la place près du courriel... quand je devrais prendi'e la place du couiv rier lui-même.

(Il déchire le feuillet et le plie.)

MOQUET, apportant un sac de nuit et plu. sieurs gilets de flanelle sous un bras, et la chienne sous l'autre. Voilà le sac omnibus de la venus du Directoire !.. ( S'adressant il la chienne.) Toi , mon ennemie personnelle. . . {il fourre la chienne au fond du sac de nuit et le remplit de gilets de flanelle jusqu'en haut, puis il serre la coulisse, et le porte à son oreille.) Tu dis?..

JULES. Je vois que vous êtes bien occupé... je reviendrai, ne faites pas attention.

MOQUET, ricanant. Il me semble que je m'en acquitte assez bien... Ah! voilà le coffre de toilette !.. ( Il va à la fenêtre à droite.) Ah ! voilà le commissionnaire qui s'en va!.. ( ii la cantonnade.) Dites donc, commissionnaire, prenez ce sac, puisqu'il y a encore de la place sur les crochets.... (Il jette le sac par la fenêtre.) Eh ! houp, à vous ça !

JULES, à part, regardant le coffret, tandis que Moquet est resté à la fenêtre. Le

coffre de toilette, ce sera le pluslôtouveil. . (Il l'ouvre et Y glisse .w«^i7/e/ .^Maintenant, ^en'ai pas ûu instant à perdre... {Haut.) Adieu, monsieur iNloquet, bon voyage.

(Il sort.)

MOQl-'ET. Merci pour ma femme, merri... (Seul.J II me semble que voilà tout... it à présent, cuirassons-nous... emmailloti(His-nr)iJS de la tète aux pieds, de notre liijnité de mari... ma femme criera, ma |.i lie-mère grincera des dents... rien! une borne! un tnermc ! voilà ma pose!

(Il prend une attitude calme et rmposaatc.)

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