JULES, NINETTE
JULES, retenant Ninette qui allait sortir. Ne sortez pas... oh ! je vous en supplie !..
NINETTE, surprise. IMonsieur. ..
JULES. Ne paierez-vous pas d'un mot, d'un regard, l'amour qui m'attache à vos pas?..
NINETTE. Mais, monsieur, je n'ai pas riionneur de vous connaître... je ne sais pas si je puis entendre?..
JULES. Oui, ma chère Ninette, oui, vous
* On pionoiicc : f!ve iimjaoïintle è cuelf.hr. ** On pronon."»' t f)/unf , iuu fait ul/r' toit toit téiliisr.
le pouvez... que diable, je vous aime!., vous n'en pouvez pas clouter.
NINETTE. Mais, monsieur, je suis une femme mariée, et si vous croyez , parce qu'on est dans la danse... je vas appeler maman, d'abord !
(Elle remonte un peu.)
JULES, la retenant. Ecoutez-moi donci Ninette... ne craignez rien, fiez-vous à moi.
NINETTE. C'est ça, pour que vous me trompiez, pour que vous abusiez de ma crédulité.
JULES. Mais non... il ne s'agit pas de ça... je vous aime, vous dis-je!.. et pour me faire aimer de vous, aucun sacrifice ne me coûtera... je suis riche!
NINETTE. Riche ! . . est-ce que vous croyez que c'est pour cela?., f u^ppelantjMa.ni!in ! maman ! . .
(Elle remonte la scène.)
JULES, la retenant encore. Allons, soyez raisonnable... Jugez donc ... c'est pour me rapprocher de vous que je me suis jeté dans cette voiture qui vous emportait.
NINETTE, d'un air incrédule. Oui, pour moi, et pour aller dans votre pays... vous êtes anglais.
JULES, vivement. Moi? anglais?., anglais pour votre mère, comme j'étais hier danseur pour votre mari. . . (avec feu, lui prenant les mains) mais pour vous, ma Ninette... •
Air : P^audeville du jour des noces.
En douanier, je m'attache h vos traces, A ces Anglais je vais vous disputer ! Tant de beauté', tant d'esprit, tant de grâces... C'est un trésor qu'on ne peut exporter! En politique on ne craint pins la guerre, Mais en amour ils sont nos ennemis ; Et moi, Français, je veux en Angleterre Veiller encor sur les droits du pays.
NINETTE. C'est gentil à vous, je ne dis pas , mais je ne peux pas vous écouter; c'est impossible.
JULES. Aurais-je été devancé dans votre cœur ? aimeriez-vous quelqu'un ?
NINETTE , hésitant. Mais dam ! mon mari...
JULES. C'est de droit ça, ça ne compte pas.
NINETTE, un peu piquée. Monsieur!..
JULES. Alors, je *lis dans votre cœur : (TOUS aimez M. Verdières?
NINETTE. à pari. Levieux ? (at^ec dédain ) ah ! par exemple ! . .
JULES. Mais alors, c'est moi, ce ne peut être que moi... à l'Opéra, vous n'avez pas d'amant connu... vous êtes la seule... ça fait scandale!., vous m'aimerez, oui, il le
faut. .Déjà, pour ne pas vous quitter, j'ai fait partir Ir courrier.
NINETTE, étonnée. Vous , monsieur!...
Mais c'est aftrcux! nous ne pouvons pas accepter, alors../., {appelant.) Maman!... maman ! . . .
(Elle lenionle jusqu'à la porte du fond., JULES, laramcnant encore. Laissez donc!
vous voulez la priver du plaisir de voyiger en poste... non! vous ne refuserez pas à l'amant le plus tendre...
(Il lai prend la taille.) NINETTE, se dégageant. Certainement, monsieur, je ne dis pas., c'est d'un hon cœur... mais je vous l'ai dit... {A part.) Pauvre Adolphe !.. lui faire un trait comme ça.
JULES. Allons, allons, vous aurez pitié de moi, n'est-ce pas ?..
(Il vent l'embrasser.)
MNETTE, se défendant. Eh ! non, monsieur, non.
LOLOTTE, en dehors. Ninette ! Ninette !
NINETTE. Ah! maman!..
JULES. Que le diable emporte l'ouvreuse!