SCENE VIII
JULES, au fond, LOLOTTE, NINETTE, MOQUET.
MOQL'ET. Se trouve-t-elle encore mal ?
MNETTE, à Jules, qui est au fond . Partez donc !
MOQUET, devant la porte quilharre. Quoi! partez donc .' à qui adressez-vous cette locution de ; Partez donc!
( 11 aperçoit Iules cjai sautille , en tournant le dos à tous les personnages; il veut voir son visage et passe cntrclui et lemni , lorsque Jules se retourne , et danse toujours en tournant , et tenant ses doigts dans remmanchure de sou gilet, Mo- '-fuet le poursuit sans dire un mot; ils font ainsi tous deux le tour de la scène, et Jules disparaît parle fond sans que Moquet ait pu voir sa figure ; il redescend la scène d'un air inquiet.)
MOQUET , avec autorité. Quel est ce tonton qui s'en va? {Plus fort.) Quel est ce tonton qui s'en va ?
LOLOTTE. C'est notre Anglais, quoi I
MOQUET, avec joie. Le perruquier? ah I je te tiens ! ah! tu profites de l'intervalle d'un flacon pour venir faire tes petites supercheries ici, toi! Attends I attends! (Il sort en courant par le fond.)
!VINETTE , l'appelant. Moquet! Moquet!
A Lolotte.) Il va tuer ce jeune honune !
LOLOTTE. 3Ioi, je ne sais plus où j'en suis... l'émotion.., la croûte de pâté... j'aurai une gastrique !
SGEÎSE IX.
Les Mêmes , VERDIÈRES , puis MO- QUET
; Verdièrcs entre parle fond en boitant.) LOLOTTE. Monsieur Verdières
MNETTE. Ici? vous?
(Moquet rentre furieux et saisit Verdières au collet sans voir sa figure.
MOQUET. Ali! je te tiens! jeté tiens!
être vil et plat !
VERDIÈRES , poussé en avant par Moquet. Eh bien ! eli bien ! eh bien ! qui est-ce qui me tient? Lâche donc! lâche!
MOQUET. C'est toi qui en es un. (// jette violemment Verdières sur la chaise a gauche; celui-ci, en s' asseyant, pousse un cri de douleur; ^l(lquet parait stupéfait.) 3Ionsieur Verdières* 1
VERDIÈRES. étonné. Moquut!..
MOQUET , confondu. ÎVIille paidoas !
* Mo<juet, Verdières, Lolotic \iii-;f.v
grand Dieu ! est-ce que j'ai dégradé vos vèteniens ?
VERDIÈRES. Rien ! rien l ( Il se soulève et Jette un petit cri. ) Aïe !
MOQUET. Mais comment ètes-vous ici?
VERDIÈRES , d'un air piteux. Bonjour, chèreNinette,bonjourLolotte! (A Moquet.) Eh ! cher ami, pouvais-je vous abandonner à vous-même ; n'était-il pas du devoir d'un ami de courir sur vos traces?..
MOQUET, lui prermnt la main ., at^ec attertdrissement. Généreux vieux !
VERDIÈRES. Par malheur je n'ai pai trouvé de place dans les voitures publiques, et je suis venu... hélas! mou Dieu ! je suis venu à franc-étrier ! . . que voulezvous que je vous dise ?.. oh ! I
MOQUET, à demi-voix. Vous êtes ent.i mé ?..
VERDIÈRES, bas à Moquet. Je le suis...
( Il se Icoe. ) Les chevaux étaient d'une liumeur I je suis assez bon cavalier... ces animaux -là sentent parfaitement quand ils ont en selle un homme qui s'y entend.
MOQUET. C'est sensible !
VERDIÈRES. Je ne suis tombé que quatorze fois de cheval pendant ces trente malheureuses lieues.
MOQUET. trente et une malheureuses, au dire des géomètres.
VERDIÈRES, avec humeur. Et, pour m'ochever , vous venez me secouer coiuu:i: un prunier de mirabelles.
MOQLET. C'est que je croyais que c'ét.»:! mon jeune homme, (ia.î) l'homme à la lettre.
VERDIÈRES, bas. Il est ici?
MOQUET, bas. Lui-même !
VERDIÈRES. Et vous ne lui avez pas !..
LOLOTTE. Dites donc , monsieur \'erdières , si vous venez pour monter la tête à mon gendre, vous pouvez vous en retourner.
MNETTE. Et tout de suite, encore !
MOQUET, avec dignité. Quel est ce langage adressé à un vieill.ud de mes amis? je vous prie de vous taire.
LOLOTTE. Je me tairai si ça me fait plaisir ; vous n'êtes pas ici chez vous ; vous êtes à l'auberge.
MOQUET, a Verdières. Ne faites aucune attention à ce que dit ma belle-mère. J'ai supprimé Florettc, et le chagrin a timbré cette ouvreuse.
LOi.OTTE. Oui , monstre î
MOQUET. Vous voyez? elle en convient.
VERDIÈRES. L'essentiel pour nous, c'est
que vous soyez arrivé à temps. J'avais Une peur...
MOQUET, lui prenant la main. Généreux )mi !
LOLOTTE , s'avançant, avec colère. Comment ? t'a temps ? comment ? t'a temps ? ne semble-t-il pas, à vous entendre?..
MOQLET. Oui , t'a temps 1 je reproduis son expression , moi.
LOLOTTE. C'est une horreur, c'est une indignité! vous insultez ma fille, mon sang...
(Elle prend Ninette dans ses bras.)
MOQUET, l'interrompant. Terpsichore, je vous enjoins de vous calmer.
LOLOTTE. Moi?,.
NL\ETTE. Venez, maman, car je n'y tiens plus...
LOLOTTE , très-animée. Du temps de l'empire on aurait mis un être comme ça dans les charrois ; il n'était bon qu'à ça I viens, ma fille, ton mari me tuera !
3I0QUET, tranquillement à Ninette. Vous n'approuvez pas ce que dit votre mère , j'imagine ?
NINETTE. Vous n'étes qu'un vilain homme ! allez, je vous abhorre.'..
MOQUET. Comment?
(Il reste un moment stupe'fait.)
LOLOTTE, bas à f^erdières . Et vous !
voilà un papier ! je ne sais pas ce que c'est ; mais ça vous regarde.
VERDIÈRES , prenant le papier. Moi ?
(Elle» sortent, Lolotte, par le fond, Minette par la gauche.)
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