SCENE XII
MOQUET, JOHN.
JOHN, entrant. Médème Mockett ?
MOQUET , se retournant. Monsieur
Qu'est-ce que celui-là ?..
JOn\, tenant une lettre qu'il cache à Moquet. 3Iédème Mockett. . .
MOQUET. M"* Moquet !.. M^'Moquet !
JOHN. Yes.
MOQUET, fort étonné. Yes ! c'est anglais ça... {Avec une joie qu'il cherche à dissimuler.) C'est mon homme... la Providence le jette dans mes griffes... bouchons les issues.
(Il va fermer toutes les portes, et redescend près de John, qu'il regarde de près.)
MAGASIN THEATRAL
JOHN, sans bouger de place. .Uédènie ; Mockett? !
MOQL'ET, redescendant la scène, et a part. Minute ici; dois-je If prendre par le raisonnement? ou par les clieveux.' 3'. Verdières m'a dit de ne rien brusquer.;, c'est > peut-être un lord qui se donne pour coif- ' feur ; sur le continent c'est très-commuH çà... attaquons-le par la logique.
ïOHX. Médème Mockett 1
HOQLXT, avec respect. Mylord, votre conduite est celle d'un laclie et d'un polisson, savez-vous?
JOH\. Y do notundersland* .
MOQLET, s'animant. Parlez-moi dans mon idiot... ma femme est mariée, et, en France, il n'est pas permis d'enlever une femme à son mari, quand elle en a un... Cane se fait pas, c'est illégal, c'est incongru.. . comprenez-vous?
JOii.\. 3iédème Mockett?
MOQUET, élevant la voix. Oui j'entends, M^^Moquet.
JOîi\, s' impatientant. Médème IMockett?
MOQLET. J'entends parfaitement. ( A part. ) Il par.iit qu'il comprend difficilement, parlons-lui anglais, à ce cuistre.... {Il se pose devant John, et lui dit en gesticulant beaucoup pour lui faire comprendre ses paroles.) Moi, dire à vous, à vous , moi, mon femme être là, dans son chambre; mais V0U3, entrir pas, moi nix, pas permettre, nix.
JOnx, allant vers la chambre. Yes, sir.
MOQUET, l'arrttant. Yes, yes, moi je dis nix, vous dites yes, moi je dis nix... vous entrir pas chez mon femme.
JOii\, le repoussant. Yes, yes, médème Mockett ! yes, yes.
MOQCET, le prenant par le bras et le faisant pirouetter. Ah I mais si l'outraj^e s'en méle...(///?ar/.)Mettons-y deségards, c'est un lord. {A John.) Vous êtes un homme d'honneur... moi aussi... nous nous battrons ; l'épée, le pistolet, tout me va... {Avec véhémence.) J'am-ai ma vie, ou tu auras la tienne.
JOHX, se plaçant comme pour boxer. Goddam! médème...
MOQUET. Yes, yes... {A part.) Il veut boxer... c'est un lord. '
SCKNE XllI.
MOQUET, NIISETTE, JOIIJN.
MINETTE. Qu'est-ce donc ? quel tapage faites-vous? que se passe-t-il ?
laiies-vous : que se passe-i-u :
JOHN , reconnaissant Ninettc. 3Icdè
Mockett î * On prononce : Ai don note utidtulo'ui
me
MOQUET. C est moi madame , qui défends à milord de vous voir, et qui veux me couper la gorge avec lui.
MNETTE, étonnée. Avec son domestique?
MOQUET. Vous dites?
MKETTE. Eh! oui, c'est son domestique, John.
MOQUET, e/o/?nc. Son domestique Janne !
( Avec indignation.)Coin\neul? cet homme devant qui je m'inclinais, avec qui je prenais toute espèce de mitaines... c'était un domestique!., un laquais!., une négation sociale... et je lui proposais un duel'!... moi fabricant... atiends, attends , drôle !. . lu passe devant Ninetle pour atteindre John, qui
passe deirière elle, et se place à sa droite, tandis
que Moqnet, par suite de ce mouvement, se trouve
arrête par Ninelte.)
MNETTE, leretenant. Monsieur Moquet,
mon mari !..
MOQUET. Non... laissez-moi...
JOHX, remettant furtivement un billet à Ninette. 3Iédènie Mockett... fur y ou.
MOQUET, redescendant la scène avec indignation. Et il lui remet un billet encore. .. un domestique anglais!., il faut que je le tue!., je paierai le droit.
(il paise devaut Ninetie, et veut se précipiter sis John, qui se pose en boxeur.)
NixETTE. Mon mari!..
MOQUET. Attends, misérable, je vais. .
ah ! ail ! {John lui donne un coup de poing dans le coté droit et s'esquive.) Oh 1 ^11 tombe sur lachaiseà droite, en se tenant lecôt*;.)
XIXETTE, effrayée. Ah ! mon Dieu!
MOQUET, reprenant sa respiration. Décidément, c'est un domestique.. .