SCENE XI
M°>e LEBIDOIS, LEBIDOIS, JENNY.
LEBIDOIS, à lui-même, au fond.
Mon épouse avec cette femme!.... quelle horreur!...
M""* LEBIDOIS, se retournant.
Quelle horreur!... que voulez-vous dire?
LEBIDOIS.
Est-ce que j'ai dit quelle horreur?... ah! oui... quelle horreur... de temps!... voyez comme je suis fait... unepluie... un froid...
M^e LEBIDOIS.
D'où venez-vous donc ?
LEBIDOIS.
Je viens de la rue de la Pépinière.
JENNY, se levant vivement.
Comment !... serait-ce de la caserne ?
LEBIDOIS.
Possible !
M°>* LEBIDOIS.
Et qu'alliez-vous chercher là ?
JENNY
Ce n'est pas mon frère sans doute?
LEBIDOIS.
Qui sait?
JENNY
Mais... est-ce que vous le connaissez, monsieur ?
LEBIDOIS.
Il n'est pas défendu de faire connaissance,
M™6 LEBIDOIS.
Pourquoi cet air mystérieux?... Que pouviezvous avoir à dire à son frère?
Des choses fort intéressantes pour lui peutêtre?... et je me sais bon gré de ma démarche, car c'est un jeune homme bien distingué... un militaire rempli d'honneur... et qui a un fameux poignet... il était loin de soupçonner... JENNY, avec anxiétÉ.
Quoi donc, monsieur?
LEBIDOIS.
Mais sa ruine complète, le dénument absolu où son père l'a laissé.
JENNY
Sa ruine!... en êtes- vous sûr, vous?
LEBIDOIS.
Parfaitement sûr!... j'ai eu des renseignemens positifs!... Quand votre père s'est tué...
JENNY
Il s'est tué?...
LEBIDOIS.
Ah! c'est juste!... on vous a laissé ignorer... Il n'avait plus le moindre sou.
JENNY
Il serait donc vrai?
LEBIDOIS, à sa femme.
Alors, j'ai félicité cet intéressant militaire sur l'avantage qu'il a de posséder une sœur assez heureuse pour avoir conquis l'amitié d'un homme... respectable...
M°>e LEBIDOIS.
Oh!
LEBIDOIS.
Là-dessus, il m'a pris à la cravate, et il manifestait l'intention de m'étrangler; mais je ne m'en fâche pas!... au contraire!... je l'en estime d'autant plus.
JENNY, à elle-mcme.
Oh! c'est affreux!
LEBIDOIS.
De vouloir étrangler les gens?... vous avez raison, ça nese fait pas dans un payscivilisé... Après ça, vous me direz : Il arrive d'Afrique.
U'"' LEBIDOIS.
Avez-vous bientôt fini?
LEBIDOIS.
C'est précisément ce que je disais à notre gracieux militaire pendant qu'il serrait ma cravate; enfin, il a bien voulu me lâcher en m'annonçant qu'il viendrait aujourd'hui même enlever sa sœur de cette maison... malheureusement son service l'enchatne là-bas en ce moment.
MAGASIN THEATRAL
JBNNY.
Malheureuse 1
M"'' LEBIDOIS, à pan.
Pauvre Jenny!... Mais non, il est impossible que mon père...
LEBIDOIS.
Quant à vous, madame Lebidois, préparezvous à suivre votre (!poux.
M"' LP.DIDOIS.
Vous suivre?...
LEBIDOIS.
Oui, nous partirons ce soir.
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