SCENE VII
LEBIDOIS, M-Ke LEBIDOIS, THÉVENOT.
M"^ LEBIDOIS, allant vers Thêvenot. Mon père!...
Elle s'arrêleen viiyaiil l'eXj)ression du visage de Tliévenol. THÉVENOT, à part.
Malgré ses torts, comme je l'embrasserais, si son sot époux n'était pas là!...
LEBIDOIS, bas à sa femme.
Tu aurais mieux fait de rester à l'hôtel.
THÉVENOT
Il y a long-temps que je t'attendais, Louise.
M™« LEBIDOIS.
Pardon, mon père, si je ne me suis pas présentée chez vous plus tôt... je vous savais irrité contre moi .. vos lettres étaient si rares et si froides!...
THÉVENOT
Comme les tiennes, ma fille.
LEBIDOIS, à pnri.
Et dix-huit sous de port !
M"^ LEBIDOIS.
Je craignais qu'en arrivant comme cela chez VOUS sans vous prévenir... Allez, mon père, il a bien fallu que j'eus<epeu de confiance dans mon mari, et que je tremblasse qu'il ne fit quelques gaucheries. .
LEBIDOIS.
Hein?...
M""* LEBIDOIS.
Dans nos affaires!... et que cette faillite m'inquiétât sérieusement, pour avoir osé venirà Paris.
TUÉVENOT.
Que veux-tu dire?... Celte faillite menaceraitelle réellement ta fortune?... Tu as l'air abattu, souffrant...
«[■"^ LEBIDOIS.
Je crois bien !... Depuis que je suis là, vous ne m'avez seulement pas encore...
THÉVENOT, l'embrassant.
; Chère enfant!.. .
LEBIDOIS.
C'est comme moi, beau-père... Je remarque I que vous ne m'avez pas encore offert le moindre rafraîchissement.
I THÉVENOT, à sa fille.
1 Que tu m'as causé de chagrins!... mais ouj blions cela !... et dis-moi, ce banquier?...
M"* LEBIDOIS.
Nous perdons très-peu de chose avec lui, et, en 1 tout cas, il nous resterait encore huit mille livres 1 de rentes.
{ THÉVENOT
Ah ! tant mieux!
LEBIDOIS, à part.
j Et quinze que nous aurons un jour du beau- I père... ( Haut. ) Total vingt-trois!
j THÉVENOT.
Vous dites?. .
MAGASIN THEATRAL
LEBIDOIS.
Je dis vingt-iroisl... c'est une addition que je
fais.
THÉVENOT, a part.
Je comprends !... Il est permis d'être gendre... mais pas tant que ça !... [Uuui.) Dis-moi, Louise, et les malles, où sont elles donc?
M"« LEBIDOIS.
Encore à l'hôtel! .. avant de vous avoir vu, je n'osais. .
TUÉVENOT.
Quel enfantillage!... {A Lebidois. ) Voyons, monsieur, faites donc apporter ici tout de suite les malles de votre femme.
LEBIDOIS, bas à sa femme.
Tu ferais mieux de l'en revenir.
THÉVENOT
Ah!... et en même temps, dites à Thérèse de préparer la plus belle chambre pour ma fille.
LEBIDOIS.
. Pour votre Bile?... eh bien! et moiî... où comptez-vous donc me loger?... (.icec iniemioii, en allant vers le cabinet du prewitr plan a droite. ) Là peut-être?...
C'est un cabinet qui n'est pas du tout habilable.
M"* LEBIDOIS, sonnant.
Je le sais mieux que personne.
Aie ." ynudevilli' du Jour des noies.
,Ie me souviens qu'aux jours de mou .■iifance. Ce cabinet me servait de prison.
IHÉVENOT, virement à Lebidois, i/id Juistnlc/Keh/ins ims
vers le cabinet.
D'y pénétrer je vous fais la df-t'ense. LEBIDOIS.
Père barbare, oui, vous avez raison .' Je ne veux pas, que jamais on me loge Dans un endroit où ma femme à gémi :
Ce cabinet né fait pas votre éloge...
/l part.
Kl je ferais peut-être comme lui !
TBÉVENOT, à part.
Il faut avoir une patience!. . {Haut. ) Mais allez donc, mon.sieur, aile/ chercher vos effets.
LEBIDOIS.
On y va chercher mes effets!... que diable... on y va !.. Pourtant je ne suis pas fait pour êlre mon domesli(iue, eniendez-vous, beau-pere?... je ne suis pas mon domestique!... Enfin, c'est égal... pour une fois!... [À part. ) J'ai bien envie d'aller en même temps chercher des nouvelles de ma montre. ( Ilaut. ) A lout-à-l'heure, cher beaupère!... à tout-à-l'heure!...
TUÉVENOT.
Mais allez donc, monsieur, allez donc!