SCENE Yl LEBIDOIS, THÉVEiNOT
THÉVENOT, à lui-même.
Maintenant a nous deux !
LEBIDOIS, à Thévenot.
Parfait, beau-père! parfait!... une taille, des épaules, une montre, des billets de banque...
THÉVENOT, à pan.
Diable!... il m'a vu lui donner...
LEBIDOIS.
Riche personne !... créature magnihque... une robedu malin d'une élégance... combien ça peutil coûter à peu près une robe comme ça ?... cent francs?
THÉVENOT
Je l'ignore, monsieur.
LEBIDOIS, riant.
Vous l'ignorez?... farceur de beau-père!
Il fail le gesif de frapper sur le vciilre île 'Ilieveiml.
THÉVENOT, reculant.
Ne me touchez pas, je vous prie.
LEBIDOIS.
Je n'ai pas touché, je ne touche rien... pas même cinq cents livres, comme celte jeune et intéressante étrangère.
THÉVENOT
C'est que, monsieur, celle jeune et intéressante étrangère, comme vousdile.', a peut-être plus de droits que vous à mon affection et a ma fortune. LEBIDOIS, souriant.
D'autres droits... possible; mais plus de droits, non, oh! non.
THÉVENOT
Vous croyez ?
LEBIDOIS.
Avant tout, vous aimez votre fille, votre fille unique... c'est elle qui a des droits... et comme elle m'a épousé par amour... car c'était un amour...
THÉVENOT
Aveugle!
LEBIDOIS.
Pourquoi donc ça?
THÉVENOT
Mais les droits de Jenny.. il serait trop long de vous les expliquer... d'ailleurs, je ne >eux pas vous les expliquer.
LEBIDOIS.
Suffit! suffit:... je comprends.
THÉVENOT
Non, monsieur, vous ne pouvez pas comprendre.
LEBIDOIS.
P.irdonnez-moi ! pardonnez-moi !
THÉVENOT
Sachez seuicmcnl que je regarde comme un Revoir d'assurer le sorl de Jenny.
LEBIDOIS, à part.
Il me ditcela tranquillement!... (HTaut.) Mais... THÉVKNOT, le regardant fixement. \
Eh bien! maisT... !
LEBIDOIS.
Écoutez donc!., on épouse une fille unique... on fait ses iirrangemens...
THÉVE>OT, le rer/nrdani.
Hein?
LEBIDOIS.
C'est-a-dire, on a des idées... [Th^venoi le reqarde.) Non... on n'a pas d'idées... mais on se i dit: J'ai un beau-père qui est un honnête bomme, oui, le plus honnête homme du monde... et qui i ne voudrait pas faire le plus léger tort à ses en- ' fans et à ses petits-enfans... les intérêts d'un fils issu de son propre sang.
THÉVENOT, avec élonnernent. i
Vous avez un fils 1 \
LEBIDOIS. I
Oui, oui... c'est mon intention d'en avoir un... i
dans trois ou quatre ans... et je l'appellerai Théo-
phraste... une idée que j'ai !... I
1 nÉVENOT, entre ses dents. \
Imbécile!... j
LEBIDOIS, qtii ia entendu.
Théophraste?... Je vous assure qu'il sera trèsspirituel, au contraire... un enfant qui promet... et vous qui aimez tant votre fille. ,
THÉVENOT
Ma fille?... oui, j'avais compté sur elle pour | charmer les derniers jours de ma vie. i
LEBIDOIS.
Est-ce que nous ne les charmons par les derniers jours de votre vie?... {TUévenot lève les épaules.) Dam', voyons, est-ce ma faute?... mes affaires m'appellent à Bordeaux... et les affaires avant tout!... Je ne laisse jamais prendre aux autres ce qui m'appartient, moi!... Je crois que je ferais plutôt tout le contraire !... Forcé de partir, j'emmène ma femme. . elle doit me suivre, elle qui m'a épousé par amour... Mais qui pouvait se douter qu'un homme si sage, .. si... THÉVENOT , impatienté.
Finirez-vous?...
LEBIDOIS.
Une affaire m'appelle à Paris .. J'arrive avec ma femme...
TUÉVENOT.
Ih bien?. .
LEBIDOIS.
Fh bien! j'allais l'amener ici... mais je ne savais pas au juste... et, dans l'état des choses, ma femme ne doit peut-être pas...
THÉVENOT
Ne pas venir? .. lorsqu'on est allé la chercher de ma part?... Et, tenez, moii.sieur, la voici!.. LEBIDOIS, a part.
Si l'autre arrive, ça va faire un joli ménage!.. .