‹ Le mari par interim, comédie-vaudeville en un acteChapitre 6 sur 20 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes , JOSEPH , entrant les mains sur les reins , comme un homme qui souffre beaucoup,

JOSEPH

Aie! aie ! aie !

DERVILLE

Eli i bien , qu'as-tu donc ?

JOSEPH

Les reins

DERVILLE

.Te parie que tu es encore tombé , ivrogne !

JOSEPH

Oh ! not' maître , pourriez- vous croire... (à part. ) Comme il devine juste , c' que c'est que l'habitude !

DERVILLE

Allons, allons , ça ne sera rien • tiens, vas conduire Monsieur à la salle à manger , et je ne tarderai pas à vous y re joindre.

CLARENCÉ, a part.

Enfin , je vais être libre.

JOSEPH, criant encore.

Aie ! aie ! c'est que je ne peux pas marcher.

DERVILLE C'est donc sérieux. ( à Clarencê. ) Qu'est-ce qu'on pourrait lui faire ?

CLARENCE , evec impatience.

Il n'y a qu'a avertir un médecin... est-ce qne vous n'en avez pas dans ce pays-ci ?

Si fait, mais vous?

( i9 ) CLARENCÉ Eh! bien moi? ( à part. ) AhJ j'oubliais. ( se reprenant» ) Sans doute , mais c'est une maladie qui n'est pas à moi... et vous sentez, qu'entre confrères... surtout dans une province si c'était dans la capitale, je ne dis pas, c'est

reçu

DERVILLE

Ne serait-ce pas une courbature, qu'en pensez- vous?

CLARENCE , toujours avec impatience.

Oui, oui, transpiration arrêtée... fluxion de poitrine, pleurésie... c'est la moindre chose. ( allant pour sortir, à part. ) Maudit imbécille qui me retient encore... Je connais ta maladie, attends, attends, je vais mettre de l'eau dans ton vin. ( haut. ) Vous avez une citerne ici?

DERVILLE

Oui, pourquoi?

CLARENCÉ.

Le malade y puisera de quart d'heure en quart d'heure , un grand verre d'eau bien fraîche, qu'il boira jusqu'à la dernière goutte.

JOSEPH

Oh! oh ! monsieur le docteur.

CLARENCÉ.

Silence !

DERVILLE

Ah! ça mais, plaisantez- vous, avec votre citerne et vos verres d'eau.

Cela vous ctonae... vous n'êtes donc pas au courant... de l'eau, toujours de l'eau, l'élément conservateur de la santé,, le principe universel.

Air : Et voilà comme tout s'arrange»

Expliquant , dans tous ses secrets , La nature simple et féconde; Par l'eau seule , nouveaux Thaïes Nous faisons exister le monde.

Et, quand un nuage orageux.

Sur nous viens fondre en abondance,

Malades, rendez grâce aux dieux,

C'est Esculape, qui des cieux ,

Laisse tomber une ordonnance.

DER VILLE

De l'eau! découverte magnifique et pas chère.

Même air.

Le système que vous vantez, N'offre que chances opportunes ; En rétablissant les santés , 11 n'altère pas les fortunes.

Si , ce remède souverain , Désormais notre seul refuge , De nos maux nous promet la fin , ' Pour guérir tout le genre humain , Espérons uu nouveau déluge.

CLAREJNCÉ, a part.

L'épigrainme sous la casquette; où diable va-t-elle se nicher. ( allant -pour sortir, ) Mais, pardon.

C'est juste, je vous faisais attendre.

CLARENCÊ.

Il m'est donc enfin permis de chercher ce prétendu Clarencé.

Air : Amis , voilà la liante semaine.

Allons, partons ( à part. ) Je prétends à ce brave , Faire lever enfin l'incognito.

DERVILLE

Vous goûterez le vieux vin de ma cave. JOSEPH, à Clarencé.

Et moi , Monsieur.

CLARENCÊ.

Et toi^ toujours de l'eau.

JOSEPH

Prêcher d'exemple , est pourtant nécessaire.

CLARENCÉ. .

C'est une erreur , crois-moi , je m'y connais ,

Archives de ia Vife de Bruxelles ,/\rchiefva,-scsSîaderussel

Le grand précepte est toujours, il faut faire Ce que je dis , et non ce que je fais.

TOUS EN CHOEURf

Le grand pre'cepte est toujours, il faut faire Ce que je dis , et non ce que je fais. JOSEPH.

Venez, venez, Monsieur, par ici. f ^ %%c)

( Clarencé et Joseph sortent. ) fLi *"* ^ JÛ^>

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