SCÈNE Vil
CHAVAGl'iAC.
L’entrée de ce maudit oiseau ne sortira, jamais de ma mémoire.
ABTIGNAN.
Ni de la mienne , il ma fait l’effet d’un soleil. •.
d’esbês.
Messieurs, je demande que l’on emporte cette fastueuse Ijête. Je ne peux plus la regarder sans rougir.
MOULINAS, assis.
Moi, je propose de la découper. Une fois que l’animal aura perdu sa forme, nos regrets seront bien adoucis.
ciiavagnac.
Merci, je n’ai plus faim.
LARTIGüES.
J’ai perdu l’appétit.
ARTIGNAN. , *
Moi, je ne .sais pas si cela tient aux remords... ou à tout ce plomb que j’ai avalé, mais je me sens là quelque chose comme un poids.
(il va s’asseoir sur le canapé, à la gauche de ChaTagnac.) CHAVAGNAC.
Non, je ne me consolerai de ma vie. La baronne est une femme d’esprit, qui sait son monde; elle a pris la chose en riant ; mais précisément ce rire en disait plus à lui seul que toutes les paroles possibles... Il me faisait sentir combien j’étais ridicule à ses yeux, combien je méritais que l’on se moquAt de moi... enfin, il me donnait un air très-gauche, convenez-en.
ARTIGNAN.
Ah ! cher ami, un air à ne jamais oser reparaître devant elle. Tu étais si troublé, que tu n’as pas même pensé à lui offrir ta main pour la reconduire.
LARTIGÜES.
Il a fallu que Fourquevaux y songeât pour toi. d’ESBÉS, regardant par la croisée.
Par bonheur, messieurs, sa présence d’esprit a tout réparé. Le voilà qui traverse gaillardement la cour, donnant le bras à la baronne et accompagné du chapelain. Il leur mon-
tre le château. Il entre avec eux dans la chapelle et se fait - escorter par deux valets armés d’arquebuses.