SCÈNE II
Les Mêmes, GANYMÈDE, Valets.
GANYMÈDE, dirigeant le sertlce.
Poule au gros sel... poule à l’éluvée... poule aux champignons.
(Les valets fonl la chaîne et se passent les plats.) ARTIGNAN.
Je n’en mange pas !
GANYMÈDE
Canard aux légumes, canard au jus, canard aux racines.
d’esrês.
Tudieu ! quelle profusion de volailles!
LABtiGUES.
OÙ diantre est donc située la basse-cour, ici ?
MOULINAS.
Tu sais bien? derrière le rempart, ce petit carré avec un saule pleureur?
Que tu as pris pour un cimetière ?
LABTIGUES.
Mais je n’y ai rien vu, moi.
d’esbés.
Moi, j’y ai vu un merle.
ABTIGNAN.
Bride en main, messieurs! ces -volailles ne sont pas de l’espèce domestique. Elles ont été tuées à la chasse. Je viens d’avaler une charge de plomb.
d’esbès.
D’où qu’elles viennent, messieurs, à la santé de Fourquevaux qui les a découvertes.
fourqüevaüx.
Messieurs, à celle de Ganymèdc. Rendons justice à qui de droit. Approchez, Ganymède, et venez re(^evoir la récompense qui vous est due.
t LE MAHIAGE A L’AKQIEBLSE
(iANYHÉUK, à pari, et à la gauche de Fourquevaux.
On va me payer mes trois ans de gages.
FOURQl'EVAOX.
Je le déclare hautement: si le souper a été conçu par moi dans son ensemble, Ganymède a été chargé de tous les détails. Je me suis contenté de le faire appeler et de lui dire comme au temps où il était à mon service : Nous sommes six; nous soupons à deux heures. Si à deux heures une minute, la table n’est pas convenablement servie, tu recevras vingt coups d’étrivières, quarante à trois heures, à quatre heures, quatre-vingts, et ainsi de suite, d’heure en heure, toujours en doublant, jusqu’à ce que mort ou souper s’ensuive. Tâche de ne pas nous faire dîner trop tard. ,
MOULINAS.
Messieurs,' nous étions servis à deux heures moins deux.
d’esbès.
A l’exactitude de Ganymède !
FOURQUEVAUX, à (ianymède.
Saluez.
CHAVAGNAC
A sa santé, messieurs.
FOURQUEVAUX
Prosternez-vous devant votre maître , et retournez à la cuisine.
GANYMÈDE, rcineUaiil la main dana »a poche.
Merci.