‹ Le mariageChapitre 1 sur 52 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

. Je ne me doutais pas qu'eu écrivant ce livre, ^ il y a trois ans, j allais fournir à l'avance une partie des causes qui expliquent la plus cruelle défaite et la plus sanglante discorde qui aient encore humilié la France. x ^ Tout le monde aujourd'hui est d'accord sur le mal et sur son origine. — Mais pour en être >^ convaincus combien ont dû eû mesurer toute ^ la profondeur t

I Ni la faiblesse de nos armées, ni Timpéritie ;r de leurs, chefs, ni les fautes des hommes ^ d'État^ ni la précipitation des événements ne

sont des causes suffisantes pour expliquer un tel désastre.

Si les armées allemandes n'avaient rem«* porté sur nous que des victoires militaires, la fortune de Ja France serait vite réparée. Mais c'est la victoire d'une société sur une autre, d'une civilisation sur une autre^ d'une grande famille humaine sur une autre grande famille humaine plus divisée, moins nombreuse, moins laborieuse. Le mal n'est pas seulement dans les rangs des soldats, il est dans les rangs Ae la société même, il est dans la famille.

Pourquoi cette race^ aujourd'hui détestée, s'est-elle montrée si forte? Pourquoi ses en*fànts couvrent-ils les deux tiers des continents? Pourquoi la puissance de l'Angleterre, race germanique ; de TAmérique, race germanique ; de rAllemagoe, aujourd'hui le cœur de l'Europe? ^

En Amérique, en Asie, eu Afrique même, combien trouvez^vous d'Allemands pour un

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PRÊFilCfi ^ e '

Français? A qui appartieDoent les grandes usines^ le haut commerce, les hauts emplois, les fonctions publiques, l'influence morale et politique? A des Allemands, à des Anglais^ à des hommes de cette race germanique qui menace aujourd'hui les derniers champions de • ^ la race celto-iatine? '

Sans doute l'ethnologie, T histoire, la légis* lation, la politique sont là pour expliquer cet étoi^nement. Mais le fait de la nature, qui a partout établi entre les choses des rapports < simples, est encore plus saisissant : — Chez les peuples de race germanique, les hommes sont presque tous mariés et ils ne sont point malthusiens.

C'est par la famille, et par conséquent par le mariage, que les peuples se préparent.

Si Ton embrasse l'histoire des peuples modernes, ou remarque que la supériorité et l'influence sont à ceux qui réunissent ces trois conditions : la possession de la terre, le nom-

' Il PRÉFAGfi ^ '

bre, ia discipliae, c'est-à-dire l'unité dans le

gouvernemeat, la religion, l'éducation

11 semble que les temps nouveaux ne per--

mettent plus le rayonnement d'un tout petit peuple sur les autres, comme fut autrefois le rayonnement du peuple grec sur le monde civilisé.

L'esprit n'a rien perdu de ses droits. Mais l'art ne gouverne plus les peuples. A la force, au nombre appartient la domination. — C||*est la loi des temps nouveaux.

Il y a chez le peuple vaincu une tendance à imiter le peuple vainqueur. — C'est un des fruits de la conquête.

Saurons-nous imiter l'Allemagne en ce ,u-eile.d.mriniurîCaraBe8pffltpasa.

. vouloir, et il faudrait avoir soin de lui laisser ses défauts.

Ne le cachons pas, ayons le courage de le dire: les mœurs des Allemands, qui sont loin d'être irréprochables, valent cependant mieux

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PRËRAC^ , . . f.

que ied apôtres. Chez eax, la famille est plus fortement constituée,, les mariages sont plus nombreux, et chose grave, le chiffre des nais* sauces par mariage excède deux et trois fois le même chiffre chez nous.

£n France, la population est à peu près stationnaire ; en Allemagne elle double en moins de soixante ans. Gela est connu. Mais cela ne saurait être trop répété.

Il y a encore une considération. .

Chez nous, pour trouver une famille nombreuse il faut descendre chez le paysan, chez l'ouvrier, -r- Le peuple seul se reproduit.

Chez no^ voisins, ce sont les plus illustres maisons, ce sont les rois et les princes qui donnent l'exemple des plus nombreuses familles. •

L'histoire des peuples, l'histoire d'Angle»

terre particulièrement , atteste un rapport constant entre l'influence sociale et politique et le nombre des enfants.

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Toai rOrient autorisait la répn^atioii de la femme stérile, et Rome honorait les pèr» qoi donnaient le pins de citoyens à la patrie.

£n ce siècle de lumières, le bourgeois de Paris, le bourgeois des grandes tIUm, se Toit-^ il deux héritiers? il se plaint» il s'apitoie, il s*alarme. Que sera-ce quand le bambin qui naîtra sera destiné au senrice militaire obligatoire? Le nombre des enfants, par famille,

pourra baisser encore I

Ët pendant ce temps, Touvrier, le paysan peuple les ateliers et les champs.

Vienne la moindre crise, viennent des éleotions générales, un plébiscite. De quel côté est le nombre 7 Qui l'emporte? Qui gouverneî

Dans un f>ays de suffrage universel, quelle est la plus grande puissance, si ce n'est le nombre ?

Le suffrage universel devrait rendre la bourgeoisie anti-malthusieaue.. — Sur vingt

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