LIVRE PREMIER (t
pour être valable aux yôux de Dieu et des hommes avait besoin d'être consacrée par le prêtre. * Brahma a créé le mariage. Usons-nous dans les Védas , en créant l'homme et la femme pour la reproduction de Tespèce humaine* Aussi pour rappeler l'œuvre divine, Tunion des sexes pour être valide doit-elle être consacrée par les prières du prêtre. »
Le mariage donnait lieu partout à des cérémonies imposantes* — Chez les Grecs et chez les Romains» ces cérémonies avaient lieu au foyer domestique. — Les Grecs accomplissaient k cérémonie du mariage en trois actes. — Le premier se passait devant le foyer du père (i'^fi'AGiç) ; le troisième devant le foyer du mari (TeXo;); le second était le passage de l'un à Vautre (m(^ir/i). — - Les Komains possédaient aussi une céré* monie en trois actes, à peu près les mêmes. Au premier acte (traditio)^ la jeune Hlle . quittait le foyer sur le consentement de son père qui avait seul le droit de lui permettre de quitter le foyer domestique. Le second acte était la conduite solennelle de la jeune ûlle k la maison de son époux (deduetio in domum). Le troisième acte, son entrée dans la maison où elle partageait, avec son époux, devant les pénates du foyer marital, le gâteau de fleur de farine (pa* nis favreus). C'était la cérémonie de la coufarreatio. . — Quand les époux se séparaient, ils. repoussaient le pain au lieu de le partager. £t que Ton remarque
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4i ^ I>L MARU«S
jasqa'è qael point les Romains respect mnt le na«* ciage» dumoias peudaat les premiers siècles; le ûi* TOree lui-même donnait lien à une eéfémonie, et
1 assistance d'un prêtre y élait nécessaire (1). Si l'oa observe, avee attention et afee impartialité, Hiisloire du mariage romain, on est amené k reooatiaîire que la forée de Tinstitntion, si elle ne fat pas longtemps dans les cérémonies mêmes, se tronva au moins dans Tidée religieuse qui y était attachée. C'est à dater du moment où le mahage romain devint de sacrement, simple contrat par consentement mutuel, que le mariage perdit du respect qui Tentourait et tomba peu à peu jusqu'au concubinat et À la fornication. — On sait que sous Auguste le mariage était si généralement abandonné et la société si menacée d une décomposition dernière par Tabus du divorce, par la prostilution et jusque par la {pédérastie, que cet empereur, pour sauver Tins* • titotion et retenir nn moment la décomposition eociale. dut donner un titre légal au concubinat en imposant aux concubinaires presque les mêmes obligations qu'aux époux : et c est le moyen que propose encore Proudhon pour relever parmi ses contemporains rinstitution dégradée du mariage indis^ «soluble. — Cependant le divorce fut inconnu à borne pendant cinq cent vingt ans, et le premier
qui divorça aocruirat le blâme universel, qaoiquU
donnât une excellente raison , la stérilité ie sa femme. « Ceat que dans ropinicm de nos anoétresy la foi conjugale doit remporter mémo sur le désir si légitime d*avoir des enfants (1). Ce qui honore Itome encore davantage c'est que ses révolutions eurent pour point de départ des attentats à la padeor des femmes. Le renvoi des Tarquins cl l'établisse- . ment de la Répnblique suit et venge l'outrage fait à Lucrèce- La mort d'Appius Glaudius et la chute des déeemvirs suit et venge l'attentat contre Vilenie. Je relève de nouveau le fait, bien que cela ait été fiaiC déjà, parce qu'il nous montre la vertu romaine dans toute son expansion et dans toule sa justice, et que chaeun y peut admirer ce qu'a de grand et de noble la pratique sacrée de l'institution du mariage chez «n peuple vertueux et dans un temps de liberté. — Si le christianisme s'était levé sur ie monde romain à ce moment-là, il serait devenu pa!en. — Le christianisme tira toute sa force de la corruption des moemrs et de Tavilissement des earaetères aux derniers jours de l'empire. Le mariage n'était plus qu'un nom pour déguiser la promiscuité devenue générale; toute religion, toutsjrmbolisme, tout respect
(1) V. Maxime. — C'est, sans doute, de M. Garvilius Ruga que V. Maxime veut parler. Ce citoyen avait dû se séparer de sa femme qu'il adorait, sur l'ordre des censeurs, parce qu'il leur a?ail promis de donner des eufauts à la République.
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avaient dispani. L*Égli$e dut avoir quelque peine à restaurer le mariage par le sacrement. Elle n osa d'abord lutter ouvertement contre une pratique aussi générale du divorce et du coacubinat; l'appui et les efforts d'un Théodose le Jeune et d*un Justinien n'j suffirent pas. Bien que M. Troplong, s'appuyant sur Tertuliien, affirme que c la bénédiction nuptiale fut certainement dans les mœurs de la primitive Église, > il s'empresse d'ajouter : < Toutefois cette doctrine de TEglise que le mariage est dans le sacrement, ne s'est formulée que trës-tard dans les lois des empereurs chrétiens. Une constitution de Théodose le Jeune de 428 paraît même reproduire le principe du droit des prudents : que le mariage est parfait par le seul consentement, sans contrat de dott sans pompe nuptiale, sans solennité (alia* qm nuptiarum eeUbritas omittuiui] (!). » — La reli-* gion nouvelle, toutefois, comprit combien la réforme était urgente, et malgré son goût pour le eélibat, elle réussit à restaurer le mariage par Tidée du sacrement. Cette restauration même montre combien l'homme et surtout la femme sont naturelle-
(i) L. 3. C. Thc'od. De Xupliis. Junge 1. 6. C. Theoil. De Tironibus. — Troplong, De l'Influence du clirislianisine sur le diuil civil des Romains. — Voir sur le mariage religieux : Le Mariage chrélien, par MoMrtgneur l'évéque d'Orléans, 1868. (Chapitre de la Bénédiction nuptiale.) — VEntyclopédie miOtadique, (Ariicic do l'abbé Bergier.) — La Théologie m9raU da cardinal Gonsset, elc.
LIVBE PREMtEH '45
mtni disposés à meUre de reouoillement sérieux,
de religieux respect dans l'acte du mariage. *
ÀUCUQ6 cérémonie certainement ne fut plus propre .
n entretenir et à grandir cette disposition que celle du
culte actuel. La jeune fiancée entre dans le temple
aux sons de Torgue et aux chants des chœurs, elle
traverse la foule et vient s'agenouiller sous la voûte
qui lui apporte les échos des mille voix d'un orches-
tre céleste qui parle de Dieu, de son époux, de son
bonheur, de l'inconnu. Quels sentiments doivent alors traverser son cœur ? Par un mouvement ner« veux elle serre la main de son fiancé comme pour se rattacher plus fortement à lui. Elle sent qu'elle se donne pour la vie , elle abandonne son âme et ne retient plus à elle que ce qu'il lui faut de force pour faire battre son cœur! Quelle est la jeune fille assez corrompue pour ne point s'être sentie transportée à ce momenti et quelle est la fille de joie qui, dans cet appareili ne se croirait pure 1 C'est sans doute sous rintluence de ces idées que M. Michelet s'écrie : € ••••Jeune homme. ceci, r/est de la religion» de la pure, de la vraie. Si tu trouvais ceci un amusement, un sujet de plaisanterie.. • j'aime mieux que tu ries à la mort de ta mère. — Au mariage, ton bonheur est immense» mais combien sérieux (1) i »
4t smasuoi
Oui, Q QSi de la laligion et la religion la plus aa-* tûrellé, la plussensée, la plus droite* — > Son principe nous est coaou, saûa nous est connue aussi. — Mcore un pas et nioiis allcms m ponédar toute la philosophie*
Lorsque Gondoreet s'avisa d'écrire : c II est né* cessaire de séparer de la morale les principes de foule religion partientière. H mî important do fonder la morale sur les seuls principes de la morale (1), • le besoin se faisait sentir de dégager la morale de la religion et de la fixer en dehors d'elle. C'est ce que fit la révolution firançaise par la constitution de. rétat civiL Le mariage se trouva ramené à ua contrat (2).
A partir de ce moment» toute idée religieuse estécartée. Tandis que le mariage ne valait que par la consécration. religieusOt il ne vaudra plus que par erile de la loi civile. Celle-ci n'interdit pas le mariage religieux, mais elle le rend facultatif*
Cette révolution amena dans le mariage une plus grande sévérité. L'Eglise ne pouvant plus bénir le* mariage qu après la lot civile, la situation des cpoui fut de fait régularisée, et la morale commença de se fiier en dehors da sacrement Suivant aveuglémeolr
(i) Condorcet, Rapport sur rinttruclion publique,
{%) Ë. LAferriôre, Euai sur ihiUoireiUi aroU frtmçaiê^ *
LIVHË PllËMl£a 47
les inspirations ardentes de sa tendance proséiy ticpie plus farte chez TÉglise catholique que chez toutes | les autres, celle-^îi bénissait toul^ les- unions sans souci de l'âge ni de la situation respective des épour» Elle sanctifiait, à la vérité, de la sorte, beaucoup d'unions impures.; mais comme il ne résultait de cette sanctification aucune obligation civile pour les époux et qu'après les avoir élevés si»baut, l Église les abandonnait ensuite à la promiscuité , le niveau de i . la moralité publiqjoe s'était abaissé et les abus du sa- * creinent ne se comptaient plus malgré rordonnance de 1539 qui avait appelé le (onctionnaire laïque à côté du prêtre dans l'acte du mariage (1). Il ne peut donc plus être question uniquement de sacrement. La leligion ne suffit plus seule au mariage. Oîi trou-
iX) * L»» mariage avait pertlu sa iialure de contrat pour devt^nir cx'lusivtMTii.Mii, dans les lois ilu xvi« siôi le. un sacrement. Le sacre meut avait ah*orbé l'acte l ivil, «lepuis le Concile de Trente et l'Or- ; déonauce de Bloi« de iS79. L'Assemblée cuostiiuaiiie fit U séparm* tien dn principe dvil et da principe religieax qai ei|treiit daii4 ftooiOR foajQgalè Sauf xâsi I» eiiHiieti (to saewmit chvétien, sens violenter leé coneeiences et iMerdire la DénëdietUm nuptiale* eU» replnça les choses dans l'état n^tarel et primitif que réclamait la société. Le» aeiei de i'éiat civil des personnes étaient ainsi entièrement livrés an ministère ti!c!ésiastique et cela malgré môme le vœu de l'ordonnance de 1539 qui avait appelé un fonctionnaire laïque h ' concourir à l'acte du nimislre de la leligion. — Le mariage et l'élat des personnes sont la hase de la société civile et politi'ine : c'est donc à celle-ci qu'il ap[).iriient d'en délerriiiner <es lois et preuves . j
La Ck>nstituLion de 1791 pose les priru ipes dans toute leur sim- ■ pUcUé. La lot neconaidère le miringe que comihe ronlrat eiriU.^ (IS. Laferrière» Bmi tur FhUtùire du droii firantm^
«s m MAKUOS
verons-aous sa sanction si ce n'est dans une morale supérieure à la religion elle-même 7 A peine de voir ie mariage tomber en désuétude et la société en dissolution, comme h Rome après que le mariage y avait perdu son caractère de sacrement pour devenir un simple contrat civil, il faut établir Finstitution sur des principes si inébranlables et Tentourer d'une grandeur morale si éclatante, que toute déclamation contre elle ne soit que sophisme et toute violation de ses lois un- crime.
« Par quel droit le mariage est-il régi? »
Ne nous empressons pas de dire avec H. Demolombe : c Beaucoup d auteurs répondent, par le droit naturel, par le droit des gens et par le droit cîtiI. Je répondrai tout simplement pour mon compjte, * ([lie le mariage m France est fégi par le Code Ifa- ' poléon (1)* »
Cette réponse est, en effet, très-judicieuse et engage peu son auteur. Nous examinerons plus tard si le Code civil, expression de la morale, a bien compris l'institution du mariage et si ses lois sont toutes en harmonie avec les besoins du cœur humain et les nécessités sociales. Pour l'instant, je veux chercher
(i) Merlin, Hep., t. VII!. V« Mariage, p. 32.— Prou Ihon, l. I, p. 374. — Duraalon, 1. 11, n~ 2, 4. — ikmante. Programme, U U û« 169.
à constituer la moralité du couple conjugal et établir la supériorité du mariage monogame.
L'Eglise tire la monogamie do l'image mystique de l'union du Christ avee elle, c L'union des époux, ■dans un même amour et dans une même chair, doit être la vivante image de Funion du Yeriie avec la nature humaine et avec son Église dans le mystère '4e rineiBirnation. Or Jésas*Cbrist est monogame; il •li'a épousé qu'une seule Église et il ne saurait di- *mfcer avec elle : Eoù€ ego t&bUcum sum omnibus •iWfJT» mque ad consnmmationem sœcttli (1). » D'où le H.. P. Uya^tbe eonelut* avec TEglise, è Tunitéet à rindissolubilité du lien conjugal. Mais cette symbolique, dénuée de sens positif, ne peut suffire au philosophe ni au législateur, et force nous est de
- cbeicher ailleurs. Il nous sembla qu'ua regard jeté
- sur les peuples et sur leur histoire éclairera mieux Tesprit. • .
(1) Le hm P. UyaçmlUe, La FaaiUle, (Conférences à Notre-Dame.)
tO DU MARIAGE
J'ai déjà remarqué, et je crois ipon observation «acte, que les peuples, aux premiers âges historiques, avaient pratiqué d'une manière à peu près générale la polygamie, par la même raison qu'ils avaient professé, pour religion, le polythéisme* Le fait pourra être expliqué diversement. Je pense, pour ma part, qu'il faut en chercher la raison dans les conditions de développement imposées à Tespril humain.
Le monde offre un ensemble d'objets et de faits que le cerveau humain n'a pu débrouiller et dont il n'a pu saisir le sens qu'après des siècles de développement. Tout est analysé autour de nous; les rapports des choses, à Tabord, sont innombrables. Dès que l'esprit s'applique à l'observation, il trouve aux choses des rapports plus simples, synthétise et tend à Tunité. La trace de cette marche méthodique de l'esprit humain est dans rhistoire même des sciences. D'autre part, il existe un rapport constant entre le degré d'avancement des sciences et la vivacité des
croyances religieuses varient en raison inverse du développement des sciences^ Il n'y a rien à en in-
Digitizec.
UVRK PREMIER M
duire contre la morale ; les sciences n'ont ni pour but ni pour effel de la déprécia, et si jamais proposition fausse fut avancée, c'est celle-ci : que le progrès des sciences conduit au matérialisme* An contraire, le progrès des sciences conduit à la rectitude du jugement, à l'indépendance de la pensée, à la maturité de la raison humaine; et en plaçant dans la main des philosophes Tarme pacifique et régénératrice des méthodes scientifiques, il nous conduit plus s&rement à la vérité morale, de toutes, la plus difficilement saisissable.
L*esprit humain avance donc irrésistiblement ; et à travers son passage du composé au simple, du concret à Tabstrait, de la pluralité i l'unité, il s'élève à des vérités nouvelles. C'est une erreur de jugement qui est le principe de toutes les folies et de tous les crimes. Cela est consolant pour l'avenir des sociétés : car le but des législateurs est indiqué» c'est à former des cœurs droits et des jugements sains qu'ils doivent s'appliquer.
Kous trouvons donc la polygamie en même temps que le polythéisme chez les peuples anciens. Les Égjptiens étaient polygames. Les Hébreux mêmes forent poljgames pendant un temps. Hais ils s'affranchirent bientôt. Le culte de Jehova l'emporta sur le culte de Baal et des faux dieux ; Israël conçut le Dieu unique, l'enseigna au monde et disparut^ ré-
Dig A a
paodant à travers les peuples la pratique sacrée de la mooogamie et dn monothéisme (1). En généml, tous les peuples de TOrieut pratiquaient la polygamie.
Aujourd'hui, il reste près de nous un pays, la Tarcjuie, et une terre française^ T Algérie, où la polygamie est encore pratiquée ; si bien que ce qui est moral ici se trouve eonaidéré comme immoral plus loin ; spectacle qui, sans doute, a inspiré à Voltaire cette réflexion : € N'époueer qu^une seule femme est un devoir local. • — Mais est-ce que cela prouve quelque chose eontre U morale? Elle n*est pas la même chez tous les peuples I — Qui le nie? — Il suffit de la plus légère attention pour reeonnattfe que la polygamie répond à un état de civUisation tout à fait propre. Ainsi, avec la polygamie, la famille n'existe pas. Ce qui rend particulièrement difiicile la eolonisàtion de TAlgcrie, par la civilisation de TArabe, c'est que TArabe étant à proprement parler sans famille, il devient comme insai»ssable. Hainlenant la civilisation turque ou arabe est-elle supérieure à la dnlisation des peuples indo-enropéwsT (Test demander précisément si la monogamie est supé-
(t) La polygamie a'était ^ 4*ia8til«ti4Ni nHpaoÊè tkm Its Hébrem. I£ll« était tolérée > àeaui» âê la durai de leun etgun • .dit l'SiMniare. Mais \m prophètes iee««Miidaiefti|ftnQiit le nfii^ avec une seule femme et les Uébreiix se rallièRftt à cetle-prescriptitfi 4*Mie Manière défteitiTe.
uvm pioziiieR «i
ti&ixm à la polygamie. Aux yeux d un FrauçaU, d un Aof^ais, d'un Allemand, cela ne fait point question. Copeudani le ïurc et TArabe ont leur religion, leur morale, lears lois.
Quand je disais tout à T heure que les peuples an- . oiens avaient été polygames en même temps que polythéistes^ je n'aiais pas la prétention daflirmer une vérité absolue et de tous les temps, j'énonçais simplement un rapport historiquement vrai ; et pour preuTB, je reconnais que le Turc et TArabe, qui sont polygames» sont monothéistes*
Il entre donc encore d'autres éléments dans ce sujeL Ët rien n*est mieux iait que cette remarque pour montrer que, comme il arrive ici pour la polygamie , . la monogamie doit avoir son principe et sa philosophie en dehors de la religion. — A quels signes peut-on reconnaître la supériorité de civilisation d'une société? A son principe de gouvernement, au degré d égalisation des fortunes , au respect pour les femmes, à Tétat des sciences , des arts ei de Tindustrie. Soiis le rapport du gouvernement, de l'égalisation des fortunes, du' respect aux femmes, des des arts et de l'industrie,
rOrient peut il supporter la comparaison avec l'Occident, la Turquie avec la France ? lious avons vu que le temps de la grandeur de Rome avait été aussi celai où le citoyen était libre et la femme respectée.
H nu ITARIAGE
Ce qui s'est produit pour Rome s'est produit pour les autres peuples, à rexeepiion peat-étre de la Grèce qui ne coaaut jamais le respect pour la femme. Lucien nous montre la légèreté des Grées dans leurs amours. L'histoire nous montre la Grèce égarée par l'amour libre, livrée à la passion de Tart, amenée . au culte de l'idole humaine et à la confusion des sexes : Vhéiaîra ou courtisane partageant la couobe des philosophes, les adolescents imberbes corrompus par l'amour des vieillards, un petit foyer de gran^ deurs et de misères infectant Home et le monde, enfin sauvé par les Barbares.
De nos jours, la morale essaie de se constituer sur la question du mariage. — Dans quel sens? — Je ne me hasarderai pas beaucoup en affirmant que c*est dans le sens du mariage unitaire ou monogame. (Vest dans le uicuie sens que la morale se constitue chez tous les peuples occidentaux et en Àm^ique même, malgré l'exemple déjà cité des Mormons.
£xiste-t-il une règle morale sûre en cette matière ? Je n'hésite pas à répondre : oui, certainement. Mais cette règle est encore flexible. Disons tout de suite en quoi elle consiste. Elle consiste d'abord dans l'en- • •seignement tiré de l'histoire des peuples anciens et de celle des peuples modernes. Nous distinguons deux courants de civilisation parfaitement opposés. I/ua qui va à l'affranchissement des hommes, à Tin-