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jeune homme ces deux questions et il était toujours répondu à la seconde par un oui, qui n'engageait à rien :
Veuœ-tu devenir l'époux de cette jeune fille?
La battras-tu seulement quand la raison l'exigera?
Le pope ajoutait ensuite : « Je te dépends, au nom de Dieu, de la quitter quand elle sera vieille. » Il ne lui restait plus qu'à les bénir et à les unir.
Le lendemain, en s'habillant, le marié mettait un fouet dans une de ses bottes, et le soir, lorsque la mariée les lui ôtait, si elle avait le malheur de commencer par la botte ou était caché le fouet, elle en recevait un certain nombre de coups. 11 lui était ainsi démontré, par un argument des plus frappants, que l'épouse doit être responsable non seulement de ses fautes mais de ses maladresses.
Dans certaines régions, le père, le matin de la noce, donnait quelques coups de verges à sa fille, en l'avertissant que désormais le mari le remplacerait dans cet office, et pour qu'il n'y eût pas le moindre doute, les verges étaient solennellement remises, dans l'église, au nouveau marié.
Ces coutumes ont donné naissance au dicton bien connu que les femmes russes aiment à être battues. Il est très probable qu'on ne prenait même pas la peine de le leur demander.
Le garçon d'honneur qui joue dans nos mariages français le rôle de directeur du protocole était naguère remplacé en Russie — et peut-être Testil encore — par une sorte de bouffon, le drochka, dont on rétribuait grassement les fonctions.
Le drochka devait être pourvu, autant quepos-
siblc, (l'une physionomie joviale et d'un gi*os ventre. Il portait sur la tête, comme attribut de
son emploi, un grand bonnet de forme conique.
Il était chargé d'annoncer le mariage, le matin,
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k la porte des fiancés. Il conduisait le cortège et l'égayait par ses lazzis. Pendant toute la durée des noces, il servait de boute-en-train.
Les cérémonies actuelles du mariage russe sont en général suffisamment connues pour qu'on puisse se dispenser d'y insister.
Après leur avoir demandé leur consentement au mariage, le pope réunit les mains des deux époux et donne àchacun un anneau bénit qu'ils échangent. Il boit dans une coupe de bois doré du vin dont il leur fait boire aussi par trois fois. La coupe est ensuite jetée à terre et foulée aux pieds par l'époux, qui adresse en même temps une prière à Dieu pour qu'il brise de même par sa toute-puissance quiconque voudrait désunir ce qu'il a uni. Pendant ceUe consécration religieuse de leur union, l'homme et la femme portent une couronne.
Comme en France, les invités à un mariage font des présents. Ils reçoivent en même temps au moment du départ une serviette en toile terminée à chaque bout par une bordure de broderies et de rubans, souvenir de la nouvelle épouse à ses parents et à ses amis.
Le lendemain, le membre le plus âgé de la famille va en grande pompe porter aux époux un pain sur lequel a été incrustée une pièce de monnaie. On pose ce pain trois fois sur la tête do la mariée et elle est désormais assurée d'être heureuse en ménage.
Au nord de la Russie, les Lapons, restes à demi sauvages, ont leurs usages particuliers. Chez eux, c'est à son futur beau-père que le
jeune homme est obligé de faire la cour. Il lui fournit, juscfu'à ce que le mariage ait lieu, sa provision d'eau-de-vie et de tabac. Le beau-père éventuel, à (jui cette situation paraît très avantageuse, la prolonge le plus possible, et elle dure parfois deux ou trois ans.
Dans tous les pays de race slave, la famille, depuis très longtemps, a été fondée sur la monogamie, mais il reste des vestiges de l'ancien mariage par groupe.
Ainsi, aux bouches du Cattaro, dans l'Herzégovine, le Monténégro, l'épouse passe la première nuit de ses noces toute habillée avec le garçon d'honneur, sans que sa vertu ait à en souffrir. II faut voir dans cet usage une revendication symbolique de la communauté lésée par l'union individuelle.
En Bulgarie, après la célébration du mariage, a lieu un combat simulé entre l'époux et les jeunes gens du village qui cherchent à l'empêcher d'arriver jusqu'à sa femme.