‹ Le mariage chrétienChapitre 13 sur 101 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'Etat de Mariage

L'état de mariage est défini par le droit : Maris et Jeminas conjunclio indlvidiiam vUœ consaetudinem retinens i.

La définition du Catéchisme du Concile de Trente suit de très près celle du droit : Vlri et mullerls maritalls conjanctio, Mer légitimas personas, individaam vitœ consuetadinern retinens.

L'essence du mariage in facto esse est dans ce lien de droit que les textes juridiques appellent conjanctio et que le Catéchisme du Concile de Trente explique par les mots : ohligatio, nexus, vinculum 2.

Article Premier. — L'Indissolubilité du mariage

Ce lien de droit est indissoluble. Les théologiens donnent cette portée aux mots : individaam vitœ consuetadinern retinens. Sans que l'indissolubilité du mariage chrétien consommé ait été directement définie comme un dogme de Ju mariage. foi, la thèse doit être regardée comme telle. On peut en juger par cet anathème iu Concile de Trente : Si gais dixerit, Ecclesiam errare, cum doc ait et docet jaxta evangelicam et

{ c il, X, II. XXIII. Le texte est emprunté aux Institutesde Justinien §1.1.9, voir aussi l. i, d, de ritu nuptiarum XXIII, ii : Nuptiœ sunt conjanctio maris et feminae, consoiHium omnis vitae, divini et hutnani Jicris communicatio. Ce serait forcer le sens de ces textes que d'en tirer des conclusions d'ordre théologique. Divini juris communicatio par exemple, fait allusion simplement au culte familial auquel la femme se trouvait initiée dans le cas où certaines formes solennelles l'avaient mise dans la maniis du mari.

2 Pars, n^ de Sacramento matrimonii, |§ v etvi

Indissolubilit

4 LE MARIAGE GHUETIEN

aposlolicam docirinam propter adalteriani aUeiius conjugum malriinonil vinciduni non posse dissolol \ .

Cette iiulissolubilité du lien matrimonial est fondée sur le droit naturel -. Tout ce qu'on peut concéder sur ce point, c est que le mariage n'est pas indissoluble de droit naturel primaire, en sorte que dispense peut en être donnée par la loi positive divine mais, par elle seule 3. C'est ce qui eut lieu sous la loi mosaïque comme Notre-Seigneur le fait remarquer : (( N'avez-voas pas lu que le Créaleiir, au commencement, fd un homme et une Jemme et quIldU : A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère et s attachera à sa femme et ils deviendront les deux une seule chair? Ainsi ils ne seront plus deux mais une seule chair. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. Pourquoi donc, lui dirent- ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce et de renvoyer la Jemme ? Il leur répondit : Cest à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a pernUs de répudier vos femmes : aa commencement, Un en fut pas ainsi ^. » asdei'Apôire Cette dispense de la loi naturelle accordée aux Juifs a cessé par la volonté divine et l'Eglise considère leurs ma riages comme indissolubles de droit naturel comme ceux de tous les autres infidèles. Dans un seul cas, la rupture du lien entre personnes qui ont contracté mariage dans l'infî-

iSess. XXIV, can. 7. D'après Pallavicini. Hist. diiConciledeTrentexxiich.4 N° 'Âl et ss, le Concile n'a pas voulu condamner d'une façon directe la pratique des Grecs qui ferment les jeux sur le divorce en cas d'adultéré en s'appujant sur Matlh. xix 9. Ce qui est défini, c'est seulement l'iniaiilibilité de l'Eglise dans son enseignement à ce sujet.

- Matrimonii perpetuum imJissohibilemque nexum^ primus humani generis parens divini Spiritus instinctu pronuntiavit, cum dixit : Hoc nunc os ex ossibus meis : Co7ic. Tr. Sess. xxiv, Decretum de Malrimonio. Cf. Encyclique « Arcanum » de Léon XIII, 10 février 1880, édition de la Bonne Presse, t. i, pp. 78 et 80.

3 Proposition 67 condamnée par le Si/llabus : Jure nalurae matrimonii vinculum non est indissoliibile et in variis casibus divortium proprie diclum auctoritate civili sanciri potest.

4 Saint Mathieu, ch. xix : Non legislis quia qui fecit hominem ab initio masculum et feminam fecit eos ; et dixit : Propter hoc dimiitet homo patrem et matrem^ et adbœrebit uxori suse et erunt duo in carne una. itaque jam non sunt duo, sed una caro. Quod ergo Deus conjunxit, homo non separet. Dif^unt ilii : Quid ergo Mojses mandavit dare libelhim repudii et dimittere ? Qiioniam Moyses ad duritiam cordis vestri permisit vobis dimittere uxores vesti*as : ab initio autem non fuit sic.

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