L ETAT DE MARIAGE
délité est admise, en vertu d'une dispense promulguée par l'Apôtre saint Paul : « Si quelque frère a une femme qui n'a pas la fol el quelle consente à habiter avec lui, qu'il ne la renvoie pas ; et si une femme a un mari qui n'a pas la foi et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne renvoie pas son mari.
Si l'incrédule se sépare, qu'il se sépare, le frère ou la sœur ne sont pas asservis dans ces conditions. Dieu nous a appelés dans la paix ^ .
Nous verrons plus loin à propos de la pre«ve de l'état libre à quelle procédure doit recourir un néophyte marié dans l'infidélité à un infidèle, pour recouvrer sa liberté en bénéficiant de cette faculté.
Mais ce que nous avons à retenir, c'est que le mariage a été rétabli par Notre-Seigneur dans l'état primitif de son institution divine et, que, sauf le cas de l'Apôtre, il peut être rompu seulement par la mort d'un des conjoints. C'est la loi divine promulguée par Notre-Seigneur et affirmée par les Apôtres et les Evangélistes : « Quant aux personnes mariées, f ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari ; si elle en est séparée, quelle J'este sans se remarier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari ; pareillement, que le mari ne répudie pas sa femme... la femme est liée aussi longtemps que vil son mari ; si le mari vient à mourir, elle est libre de se remarier à qui elle voudra 2. »
(( Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l'égard de la première. Et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle se rend adultère 3. »
1 I Cor. VII, 12 à 15 : Si quis frater uxorem habet infidelem et h?ec consentit liabitare ciim illo non dimittat illam. Et si qua mulier fidelis habet virum infidelem et hic consentit habitare cum illa, non dimitnt virum... Quod si infidelis discedit, discedat, non enim servituli siibjectus est frater aut soror in hujusmodi, in pace autem vocavit nos Deus.
2 / Cor. VII 40 et 11, 39. His autem qui matrimonio juncti sunt, prœcicio non ego, sed Dominus, uxorem a viro non discedere ; quod si dispesserit manere innuptam aut viro suo reconciHari. Et vir uxorem n®n dimittat... MuJier alligala estlegi quanto tempoi*e vir ejus vivit; quod si dormierit vir ejus, liberata est; cui vult nubat tantum in Domino. Cfr. Rom. vil 2, 3.
3 3Iarc, X, 11. Quicnmque dimiserit nxoremsuam et aliam duxerit adulterium comillit super eam. Et si uxor dimiserit virum suum et ahi nupscrit maechatur.
0 LE MAKIAGE CHIVETIEIX
(« Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ; et quiconque épouse une femme renvoyée par son mari commet un adultère ' . )>
Il ne peut entrer dans le plan de cette étude d'engager le lecteur dans une discussion théologique et exégétique sur le sens du texte parallèle de saint Mathieu, qui fait suite aux versets du chap. xix, que nous avons cités plus haut, et où l'Evangélisle proclame si nettement l'indissolubilité du mariage.
(( Je vous le dis, celui qui renvoie sa femme, si ce n'est pour fornication, et en épouse une autre commet un adultère et celui qui épouse une femme renvoyée est adultère-. »
C'est sur l'incise v» nisi ob fornicationem )) que s'appuient les Grecs pour tolérer le divorce ei les protestants pour le revendiquer comme un droit.
Nous renvoyons le lecteur aux exégètes et théologiens professionnels pour l'étude de celle controverse.
Mais ne soyons pas surpris si l'Eglise, en présence de tant de textes scripturaires parfaitement clairs, interprèle le passage obscur de saint Mathieu comme lont fait dès les premiers siècles l'auteur du Pasteur d'fleimas, saint Juslin, Athénagore, Clément d'Alexandrie et Origènepour ne parler que des auteurs ecclésiastiques qui ont écrit en grec^. Dans l'Eglise latine le courant est pour ainsi dire unanime avec cette nuance qu'à partir de saint Augustin on voit surgir l'argument tiré de l'indissolubilité de l'union de JÉSUS avec l'Eglise, dont le mariage deschrétiensn'estquerimage sacrée.
i Luc, XVI, 18. Omnis, qui dimittit uxorem siiam et alteram ducit maechatur^ et qui dimissam a viro ducil maechatur.
2 Dico autem vobis, quia quicumque dimiserit uxorem suam^ 7iisi ob fornicationem, et aliam duxerit, mœchatur^ et qui dimissam diixerit, iiiaechatur. Math, xix, 9.
3 L'incise serait en contradiction absolue avec tout le reste du chapitre s'il fallait l'entendre dans le sens que veulent lui donner les adversaires de l'indissolubilité. Il reste qu'elle accorde au mari de la femme adultère la faculté de cesser la vie commune, de recourir à ce que le langage moderne appelle la séparation de corps.