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Le mariage d'Agnes; histoire d'amour et de théatre

Je ne traverse jamais, le soir, quand je m'en vais, le Foyer de la Comédie-Française sans avoir, en ces jours d'hiver, la vision du tableau que ce grand salon du public — si brillant, lorsque les spectateurs y viennent causer, regarder les bustes — offrait aux heures tragiques, quand les lits blancs de V ambulance étaient le triste décor dont la blanche statue de Voltaire formait le centre.

Quel souvenir! quelles images!

Et combien de fois me suis- je dit, en ces heures crépusculaires qui me rappellent étrangement les paysages, les sensations du Siège :

— Pourvu que je ne revoie pas, que je ne revoie jamais les lits blancs des pauvres blessés près des

bustes de marbre de Corneille pensif ou de Rotrou héroïque!

Puis, bien souvent, la tentation m'est venue d'évoquer ces journées inoubliables où les comèdi» se firent ambulancières, où Célimène, Agnès. I Sol, étaient sœurs de charité. Il y eut là un beau spectacle de dévouement et de boni» ! André BrouiUet en a fixé une scène touchante dans un tabU à quelque hôpital de la ville. J'ai voulu, à mon rappeler ces heures consolantes, tout ce géra sacrifice, ce devoir si simplement rempli, ces avances de la vie où nos comédiens furent glorieux que sur la scène, — ces coulisses de l'héroïsme où les femmes de la Maison de firent

rieur à toutes les femmes et à V illustra M elle-même.

Ce me sera une juron nouvelle affection et mon dévouement à la Co çaise, en faisant pages de son passé.

Mais en vo nage

d'affection, ce livre que vont

ci dire que ce n'est point là un livre d'histoire. I! // a du rêve dans ce récitt de la fict

h, s ou ces espérances roman. Un :

Xaves tissement tout à fait injust rappelait le

V avenir. Un roman aussi vrai, pins vrai peut-être, que l'histoire même, puisqu'il contient, puisqu'il incarne, en ses personnages, tant d'idées, dépensées, de souvenirs communs à tous les Français qui avaient Vâge d'homme ou qui grandissaient, adolescents, à Vheure où Von tuait les hommes!

C'est aussi, si vous voulez, un livre de souvenirs, car toutes les impressions notées en ces pages sont vraies.

Ceux qui ont traversé la Tempête y retrouveront les éclairs, Vécho des jours d'orage. Ceux qui n'étaient pas nés apprendront là comment Paris vécut durant les heures terribles.

Pour les femmes, comme il y a ici de la tendresse et des larmes, — et, je le répèle, de la charité, — elles prendront ce récit pour ce qu'il est : une idylle sous les canonnades, un roman d'amour pendant la tourmente, le foyer de la Comédie au temps du siège de Paris.

A vous de tout cœur, mon cher ami, et tous mes vœux pour que demain ne ressemble pas à cet « autrefois ».

.ICLES CLARETIE 19 janvier.

LE

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