DOUCET, LÉOCADIE
BoDcet est en tenue de père qni yient de marier la fille : Iiabit noir, çraTata blanchei gilet blanc, gants jaone clair^ presque blancs. -^ Lépcadie est en costume de mariée»
DOUGET.
Ne me parlez pas des femmesl... on ne sait jamais ce qu'elles Teulent.
LBOGADIE.
Ce que je voulais^ mon père, je le savais bien.
DOUGET.
Et que Youlais-tu?
LÉOOADIE.
Être aimée... pour être heureuse.
2 LE HAniAGE D'HONNEUR
DOUGET.
C'était bon à dire à ta pauvre mère, quand elle vivait et que tu n'avais encore que dix -sept ans... Mais, maintenant que tu as vingt-trois ans et que je suis veuf, il faut être raisonnable et parler autrement... Être heureuse !... Tu Tes et tu le seras.
LÉOGADIE. '
Non, je ne le suis plus et je ne le serai pas... Adrien ne m'aime point... J'en suis sûre.
On entend sonner.
DOUCET
Gomment peux-tu en être sûre ? •
LÉOCADIE
I^arce qu'il y a des choses auxquelles le cœur td'une femme ne se trompé pas... Elle peut se croire aimée sans l'être, mais non être aimée sans le croire. Tout à l'heure, à l'église^ au moment de passer à mon doigt l'anneau nuptial, lorsque le prêtre, s'adressant à Adrien, lui a dit: a Adrien d'Ermont, vous promettez et jurez fidélité à Léocadie Doucet, votre légitime épouse?... » en entendant de quel ton distrait et dédaigneux Adrien à répondu : Om, et observant, cachée par mon voile, son air indifférent et contraint, j'ai senti comme la lame froide d'un poignard qui me perçait le cœur. . . Malgré tous mes efforts pour retenir mes pleurs, une larme est tombée de mes yeux sur la main d'Adrien... II ne s'en est pas même apergul... Sa pensée et ses regards étaient ailleurs... Il ne paraissait occupé que de faire bonne contenance devant ses parents, devant ses amis, devant les innombrables curieux qui remplissaient l'église... Il .avait l'air de leur dire : a Ne m'en voulez pas ^i, !r.'ji. \(^ nue Adrien d'Ermont, j'épouse mamselle Léocadie Doucet, ûlle d'un ancien marchand de bois... Si je l'épouse, ce n'est ni pour sa beauté ni pour son esprit... c'est pour sa dot... »
On entend sonner.
dOÛÛBT.
Et quand cela serait? Est*ce que, suf cent mariages, quatre-