‹ Le mariage d'honneur: proverbe en 1 acteChapitre 11 sur 25 · SCÈNE CINQUIÈME Î · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME Î

ta maiDy je la lai donne, il l'épouse, tu l'épouses^ le maire vous* unit, le prêtre vous bénit, le duc touche ses huit cent mille francs, je les lui paye en billets de banque... où donc est le tort? A sa place et avec son titre, qui n'en eût fait autant? De deux choses Tune : ou le duc est un bon vivant, ce qui n*empôche pas *d'étre un bon cœur, et alors il t'aimera et te rendra heureuse, et c'est moi qui Taurai bien jugé... ou c'est un mauvais sujet incorrigible, et alors...

LÉOGADIE.

C'est moi qui payerai ton erreur de tout le bonheur de ma viel

DOUGET.

Je mets tout au pis. En préférant un titre dont on hérite et qu'on transmet, à un nom qu'on acquiert, mais qui, au lieu d'être pour les enfants un levier, est un fardeau... je suppose que je me sois trompé. . . Eh bien, dans ce cas, tu te sépareras de ton mari sans procès et sans éclat, et tu reviendras demeurer avec ton père... Tout sera dit... Le duc, mon gendre, aura mangé ta dot, c'est vrai ; mais il n'aura pas mangé les quatre millions qui me restent, et ma fille, Léocadie Doucet^ habitant avec son père et faisant les honneurs de sonhôtel^ sera... (éleYant la Yoix) duchesse d'Ermont!

LÉOGADIE.

Duchesse d'Ermont!... Mais, séparée de mon mari, je n'en serais que plus isolée... Je n'appartiendrais à aucun monde^ à aucune société, ni à celle que nous avons désertée,, ni à celle dont tu veux que je fasse l'assaut. . .

DOUGET.

Quand ce que tu dis là serait vrai, il serait trop tard maintenant pour en convenir. C'était hier qu'iL fallait me dire cela. Car, après tout, est-ce que j'ai le visage d'un père dénaturé? est-ce que tu as la figure d'une victime immolée? Tu t'appelles Léacadie...

tu ne rappelles pas Iphigënie! S'il est vrai que j'ai insisté pendant deux mois afin que tu acceptes le duc pour mari, je ne t'ai pas forcée de le prendre ! Hier encore, tu étais la maîtresse de la refuser... Il n^y avait rien de signé^et.tu n'avais qu'à dire non... Pourquoi ne Tas-tu pas dit?

LÉOGADIE.

Je t'ai iàit part de mes doutes, de mes craintes.

DOUGET.

Il allait insister!

LÉOGADIB.

J'ai insisté ; mais tu m'as assuré qu'Adrien m'aimait très- sincèrement et qu'il m'aimerait... passionnément... Je t'ai cru...

DOUGET.

Puisque tu étais certaine du contraire, il ne fallait pas me croire.

LÉOGADIE.

Je n'en étais pas certaine...

DOUGET.

Si tu n'en étais pas sûre, pourquoi m'accuses-tu?

LÉOGADIE.

Ce n'est pas toi que j'accus9, mon bon père...

DOUGET.

Qui accuses-tu donc?

LÉOGADIE.

Ta fortune. Te rappelles-tu ces mots de ma pauvre mère, à son lit de mort?

DOUGET.

Non. ^Lesquels?

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