SC EN K PREMIERE
LÉOCADIE
Enfin, suis-je ridicule? suis-je embarrassante? ne sais-je rien de ce qu’il faut savoir ?
DOUCET
Si tu ne savais rien, à quoi donc aurait servi tout ce que j’ai dépensé pour ton instruction, et afin que tu eusses les meilleurs maîtres de Paris, les plus chers?...
jO'
■ N’ai-je pas profité de leurs leçons?
DOUCÊT.
Qui te dit le contraire ? Tu chantes assez joliment,., tu ne joues pas mal du piano-forte... tu danses la polka très-bien... tu as eu tous les prix d’histoire et de géographie, et tu passes des journées à lire... des livres ^sérieux... qui me feraient bâiller, moil
LÉOCADIE
Alors, mon père, pourquoi donc dis-tu que, si je n’avais pas eu la dot que tu m’as donnée, jamais Adrien n’eût voulu de moi pour sa femme ?
DOUCET
'Parce qu’une duchesse ne peut pas loger au cinquième étage et faire ses visites en fiacre. — R faut être juste, il faut être logique. .. et tu ne l’es pas.
LÉOCADIE
Je le suis... J’aurais très-bien compris qu’ Adrien, ayant dépensé sa fortune, ne m’épousàt point sans dot ; mais, parce que tu m’en donnes une très-grosse, est-ce donc une raison pour qu’ Adrien ne n’aime pas et qu’aussitôt le mariage irrévocablement conclu, il en paraisse honteux et me laisse là depuis une heure en habits de mariée... sans que je sache encore si c’est une robe de voyage ou do ville que je dois mettre... si nous restons à Paris ou si nous partons pour Bois-le-Vent? (on entend sonner'.) Ah I je n’y tiens plus I
Où vas-lu ?