ACTE I, SCENE III
BAUDBL,
Aussi n'est-ce pas là ce que...
MONTRICHAHD.
Quoi donc alors?
BAUDBL.
C'est très-délicat à expliquer.
MONTRICHABD.
Dites la chose brutalement, parbleu! nous avons un compte ouvert.
BAUDBL.
Vous avez raison... c'est un échange que je voudrais vous proposer.
MONTRICHABD.
Un échange de quoi contre quoi? Sapristi! vous ressemblez à ces bouteilles de Champagne qui font semblant de partir pendant un quart d'heure!... Demandez le tîre-boudion , morbleu! ^ Cc'^ »r>i^^'.r
BAUDBL, M tofiBt 9% aUaat à Ivd.
Eh bien, monsieur n'avez-vous pas pris pour devise
a cruore divesf »
HONTRIGHARD.
Oui, monsieur, oui, cruore dives, enrichi par son sang. Seulement, je n'ai pas pris cette devise ; elle fut donnée par Louis XIV, avec la terre de Montrichard, à mon quadrisaïeul, qui avait reçu huit blessures à la bataille de Senef.
BAUDBL.
Combien valait alors la terre de Montrichard?
MONTRICHARD
Un million.
BAUDBL, le« 7«ax b&Ui^.
Cela fait cent vingt-cinq mille francs par blessure. Je ne suis pas aussi riche que Louis XIV, monsieur; mais il y a blessure et blessure... Une égratignure au bras, par exemple, ne vous semblerait-elle pas bien payée à cinquante mille francs?
MONTRICHARD, •^Tivtntni.
Vous voulez m'acheter un coup d'épée?... Vous êtes fou!
Remarquez bien que j'ai plus intérêt que vous à tenir notre marché secret... Ce marché en lui-même n'a rien de répréhensible : le prix du sang a toujours été honorable, votre devise le prouve ainsi que le remplacement militaire.
MONTRIGIIARD, «inris «ne héilUiloa.
Ma foi, mon cher, vous me plaisez... je serais bien embarra3sé de dire pourquoi , mais vous me plaisez, et je veux m'amuser à faire de vous un homme à la mode. Je recevrai votre coup d'épée, mais gratis, entendez-vous?
BAUDEL, kpart.
Ce sera plus cher, n'importe!
HONTEICHARD.
. Envoyez-moi vos témoins.
BAUDEL.
Mais la cause de la querelle?
MONTBICHABD.
Vous vous appelez Baudel : j'ai dit qu'il faudrait barrer TL.
BAUDEL.
Très-bien! Montrichard, c'est entre nous à la vie! à la mort!
HONTEICHARD.
Après l'affaire, nous pendrons la crémaillère de notre amitié à l'hôtel du Grand Seanderberg. Allez, j'attends vos témoins ici, mon cher monsieur Baudel.
BAUDEL.
De Beauséjour.
Oui, oui... de Beauséjour. (saudeiiori.)