MONTRICHARD, PAULINE
MONTRICnHIlD.
Tiens! c'est toi? tu n'es donc pas morte? Les journaux n'en font jamais d'autres !
PAULINE
U y a méprise, sans doute.
MONTRICHARD
Comment, n'est-ce pas à Olympe Tavemy que...
PAULINE
J'aurais dû m'en douter ! Ce n'est pas la première fois qu'on me fait l'honneur de me prendre pour cette personne. — Je suis la comtesse de Puygiron, monsieur.
MONTRICHARD
Ah ! madame, que de pardons! Mais celte ressemblance est si miraculeuse... Il n'y a pas jusqu'à la voix... Vous m'excuserez d'avoir pu m'y tromper... d'autant que nous sommes sur un terrain vague aussi accessible à Olympe Tavemy qu'à la comtesse de Puygiron. Pardon, madame.
PAULINE, descendant à droite.
Vous êtes tout excusé, monsieur. — Je croyais trouver mon oncle et ma tante dans ce salon.
MONTRICHARD
Ils sont à la source. — M. le marquis ne m'avait pas dit que son neveu fût marié.
PAULINE
Pour une bonne raison, c'est qu'il ne le sait pas encore.
MONTRICHARD
Ahl
PAULINE
C'est une surprise que mon mari et moi lui avons ménagée.
Ainsi veuillez ne pas l'avertir de notre arrivée, si vous le voyez avant nous... ou plutôt indiquez-moi le chemin de la source.
MONTRICHARD
Faites-moi la grâce d'accepter mon bras, madame. J'ai Thpnneur de connaître un peu votre famille... (snncUnâBt.) Baron de Montrichard... et je suis heureux du hasard qui... que... Que c'est bête de faire poser un vieil ami !
PAULINE
Monsieur...
MONTRICHARD
As-tu peur que je te vende ? Tu sais bien que je suis toujours du parti des femmes. D'ailleurs nous pouvons nous servir mutuellement : mon intérêt te répond de ma discrétion.
PAULINE
Ck>mment serais-je assez heureuse pour vous rendre service, monsieur le baron... de Montrichard, je crois? ^
MONTRICHARD. . .f
C'est de la défiance I Vous voulez des arrhes? volontiers. Je songe à me marier : votre grand oncle, le marquis de Puygiron, a une petite fille charmante ; j'ai ébauché un commencement de connaissance avec lui , mais je ne suis pas encore admis dans la famille ; vous m'y ferez entrer et vous servirez mes projets, moyennant quoi quiconque aurait l'impertinence devons reconnaître, aura affaire à moi. Voilà. (U lut tend la main. Pauline Jette un floap d*ail pour g'auurer qu'ils sont seuls.)
PAULINE, mettant la main dans ceUe de Hontrictaaid.
A quoi m^as-tn reconnue?
« MONTRICHARD
A ta figure d'abord... Ensuite au petit signe rose de ta nuque d'ivoire, ce .petit signe que j'adorais.
PAULINE
Tu t'en souviens encore?
MONTRICHARD
Parbleu! tu as été mon seul amour.
Et toi le mien.
MONTRICHARD
C'est agréable pour ton mari ce que tu dis là. A propos de