‹ Le mariage d'Olympe, drame en trois actesChapitre 13 sur 78 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

mari, parlons donc de ton mariage. En quoi estril? en vrai ou

en faux?

PAULINE

En ce qu'il y a de plus vrai, mon cher Edouard.

Non, Alfred.

Tu crois?

MONTRIGHARD.

PAVLIlfB.

MONTRIGHAED.

Positivement. Mais erreur n'est pas compte... Ton seul amour a eu tant de petits noms !— Comment diable t'est venue ridée saugrenue de te marier? Tu étais heureuse comme une

poule en pâte.

PAULINE

Ne vous ôtes-vous jamais aperçu en descendant le boulevard que vous aviez oublié votre canne dans un cabinet du café Anglais?

MONTRIGHARD.

Cela s'est vu.

PAULINE

Vous êtes retourné la chercher. Vous avez tro^iyé toutgrorgje rangée dans un coin, les candélabres éèfife^ ta nappe 'Siev^; un bout de bougie sur la table tachée de graisse et de vin ; dans cette salle tout à Theure éclatante de lumières, de rires et de parfums savoureux, la solitude, le silence et une odeur fade. — Des meubles dorés qui ont l'air de ne connaître personne et de ne pas môme se connaître entre eux ; pas un de ces objets familiers qui retiennent autour d'eux quelque chose de la vie du maître absent et semblent attendre son retour ; en un mot l'abandon.

MONTRIGHARD.

C'est exact.

PAULINE

£h bien( mon cher, notre existence ressemble à celle de ce cabinet de restaurant : des fêtes ou l'abandon , pas de milieu. Vous étonnerea&-vous que l'hôtellerie aspire à devenir la maison?

MONTRICHARD

sSans parler d'un certain appétit de vertu que vous avex dû contracter à la longue?

PAULINB*

Vous croyez rire?

MONTEICRARD.

Non pas I La vertu pour vous c'est du fruit nouveau, je dirais presque du fruit défendu. — Mais je vous préviens qu'il vous agacera les dents.

PAULINE

Nous verrons.

«ONTEIGHARD.

C'est un rude labeur, ma chère, que la vi^ d'une honnête lemme!

PAULINE

Ce n'est qu'un jeu au prix de la nôtre. Si l'on savait ce qu'il nous faut d'énergie pour ruiner un homme!

MONTRICHARD

EnGn, n'importe, vous voilà comtesse de Puf giron. Que signifie la nouvelle de votre mort que donne le Constitua tionnelf

' PAULINE

C est une note que ma mère a fait passer dans tous les journaux.

MONTRICHARD

Comment va-t-elle cette bonne Irma?

PAULINE

Très-bien. Elle est heureuse. En me marimit je lui ai donné tout ce que je possédais, meubles, bijoux, rentes.

MONTRICHARD

Çà l'a consolée de vous perdre... Mais pourquoi cette mort supposée? .-.

PAULINE

Ne fallait-il pas dépister les gens? Grâce à mon trépas, personne n'osera reconnaître Olympe Tavemy dans la comtesse de Puygiron. Toi-même, mon cher, tu m'aurais encore fait tes excuses si j'avais voulu nier mordicus, et je l'auraii fait si tu n'avais pas donné des arrhes.

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