ACTE I, SCÈNE I
MONTHICBAUDu
Et nous sommes en 4855...
II y a eu du changement en vingt-deux ans.
Cela devait être , et les choses marchaient d^à vers une confusion générale. Mais, que diable I il y avait une pudeur publique, ^-i^^i/f.^
MONTRICHARD. (.'
£h! que peut la pi^deur publique contre un fait reconnu? Or l'existence de ces demoiselles en est un. Ellp ont passé des régions occultes de la société dans les régions^ avouées. Elles composent tout un petit monde folâtre qui a pris son rang dans la gravitation universelle. Elles se voient entre elles ; elles reçoivent et donnent des bals; elles vivent en famille, elles mettent de Targent de côté et jouent à la Bourse. On ne les salue pas encore quand on a sa mère ou sa sœur à son bras , mais on les mène au bois en calèche découverte et au spectacle en première loge... et cela sans passer pour un cynique.
BAUDSL.
Voilai
LE MARQUIS
C*est très-curieux. De mon temps, les plus affronteurs n'auraient pas osé s'afficher ainsi.
MONTRICHARD
> Parbleu! de votre temM cç nouveau jnonde était encore un maraisj il s'est desséché^ sinon àssàîni^Vous y chassiez bottés jusqu'à la ceinture; nous nous y promenons en escarpins. Il s*y est bâti des rues, des places, tout un quartierYet la société a fai t comme Paris, qui tous les cinquante ans s'agrège ses \ faubourgs : elle s'est agrégé ce treizième arrondissement. Pour vous montrer d'un mot à quel point ces demoiselles ont pris droit de cité dans les moeurs publiques, le théâtre a pu les mettre eu scène.
LE MARQUIS
Comment? En plein théâtre, des femmes qui... Et le partene supporte cela?
Très-bien ; ce qui vous prouve qu'elles sont du domaine de iu comédie, et par conséquent du monde.