‹ Le mariage d'Olympe, drame en trois actesChapitre 58 sur 78 · ACTE III, SCÈNE î · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE î

MONTRICHARD

Et vous avez versé une larme? Pleuré d'Olympe, quelle occasion pour mourirl Mais j'ai toujours manqué d'apropos. Loin de me faire sauter la cervelle, j'ai fait sauter la banque.

PAULINE

Vraiment? .

MONTRICHARD

Comme j'ai Thcnneur de vous le dire.

PAULINE, avec enthonsiasme.

Quel homme! Quelle veine I Et on s'étonne que les femmes l'aiment et l'admirent I Ahl si tu voulais, Alfred, ce n'est pas cet imbécile de Baudel qui m'enlèverait... d. ^*

Ce sérail cet imbécile de Montrichard... Mais tu serais encore plus bète que lui.

PAULINE, riant.

C^est bien vrai.

MONTRICHARD

Mais quelle est cette plaisanterie d'enlèvement^

PAULINE

C'est très sérieux. Je suis enfin résolue à rompre mon ban, et j'ai choisi le sire de Beauséjour pour complice de mon évasion.

MONTRICHARD

Mais on m'a dit ce matin chez lui qu'il était parti hier soir.

PAULINE

Oui, pour Nice.

MONTRICHARD

Pourquoi sans vous?

PAULINE

Moi, je reste pour négocier avec la noble famille une séparation amiable.

MONTRICHARD

Et vous espérez l'obtenir ?

PAULINE

J'en suis sûre. Il y aura un peu de tirage, parce que Je

prétends dicter mes conditions ; mais j*ai barres sur eux depuis hier, et tout s'arrangera, je vous en réponds. Ah! on trouve que j'ai déshonoré la famille en y entrant... on verra ma sortie !

MONTRICHARD

Et pourquoi Baudet ne vous a-t-il pas attendue?

PAULINE

D'abord et avant tout j'avais à mettre hors d'atteinte certains objets précieux qu'il emporte.

MONTRICHARD

Vos diamants?

PAULINE

Et autre chose encore. Ensuite ne faut-il pas qu'il me prépare une installation digne de moi? Croyez-vous que je veuille descendre à l'hôtel ? J'en ai assez de la piteuse existence que je mène depuis dix-huit mois! Je vais me rattraper, je vous en avertis.

MONTRICHARD

Pauvre Baudell Soyez bonne fille, comtesse; ne le mettez pas sur la paille. ^X^ou^r

PAULINE

Il n'aurait que ce qu'il mérite; c'est un maître fat. ï

MONTRICHARD

Lui? une violette 1

PAULINE

Vous croyez ça? Ne m'a-t-il pas soutenu, à moi, qu'il avait été l'amant d'Olympe Taverny.

Tandis qu'au contraire il est de ceux qui ne l'ont pas été?

PAU LINE

Ah I mais, dites donc, vous 1

MONTRICHARD

Pardon, comtesse... si de ce nom j'ose encore vous nommer.

PAULINE

Osez, mon cher... je ne songe pas à le quitter.

Page 1