ACTE 11, SCENE XIV
IRMA, au domestique.
..'' Un verre, et allez- vous-cn. Tenez, monsieur Adolphe, buvez- ^ moi ça.
ADOLPHE
Mille grâces, madame; le Champagne me fait mal.
IBM.V.
C'est du Cliquot, mon cher; oa no grise pas. A votre sanlé.
ADOLPHE , après avoir bu.
11 est bon.
lUMA.
jf Dites donc, mon petit, vous avez un tic dans l'œil.
ADOLPHE
Oui , madame ! c'est même ce tic qui a déterminé ma vocation pour les comitiues.
MONTIirCHARD.
Et qui va nous procurer le plaisir de vous entendre.
Chantez-nous donc une chanson, monsieur Adolphe.
ADOLPHE
Le petit cochon de Barbarie?
PAULINE
Non, une chanson d'étudiant.
ADOLPHE
Je n'en sais pas.
MONTRICHAUD.
Vous avez pourtant l'air d'avoir été clerc de notaire.
ADOLPHE
En effet, monsieur.
PAULINE
Vous l'avez été?
ADOLPHE
.le suis de bonne famille, madame : mon père, un des premiers quincailliers de Paris, me destinait au barreau ; mais une vocation irrésistible m'entraînait au théâtre.
68 LE JilARIAGE I) OLYMPE.
MO.NTRICIIARD.
Monsieur votre père a dû vous maudire?
ADOLPHE
Hélas! il m'a défendu de prostituer son nom sur des affiches de spectacle.
l'MLI.XE.
Comment s'appelle-t-il'
ADOLPHE
Mathieu.
MONTRICHARD
Le fait est que c'eût été un sacrilège.
IRMA
Eh bien ! à ta santé , fils Mathieu î Tu me plais 1 tu es laid , tu es bête , mais tu es naïf !
ADOLPHE, vexé.
Madame !
IRMA
Ne te fâche pas, mon petit! c'est pour rire... Tu es joli, joli dans les intervalles de ton tic.
PAULINE
A la bonne heure ! mettons les coudes sur la table et disons des bêtises! on va se croire aux Provençaux... Je me sens renaître.
MOXTRICHARD, à part.
La nostalgie de la boue.
1 RM A.
On ne voit pas clair ici! Moi, je n'aime pas dire des bêtises dans l'obscurité.
M ONT RICHARD
On pourrait se blesser.
PAULINE , prenant une bougie au candélabre de la table.
Allumons toutes les chandelles. Aidez-moi, Montrichard.
MONTRICHARD
Je ne sais pas combien il y en a, mais tout à l'heure Irma en verra trente-six.