ACTE II, SCÈNE XIV
ADOLPHE
J'en vois déjà quinze pour ma part, (paullne et Montriohard montent sur les fauteviils au coin de la cheminée et allument les torchères de chaque côté du portrait.)
IRMA
Tiens, une peinture! Qu'est-ce que c'est?
PAULINE
C'est un baromètre.
IRMA
Il ressemble à la vieille dame, ce baromètre.
M O >■ T R I CII A R D , à Pauline.
Hem!... si elle rentrait dans ce moment-ci!
PAULINE
Qu'ils rentrent tous! qu'ils me donnent leur malédiction avec mes cinq cent mille francs, et je les tiens quittes du reste.
ADOLPHE
Je demande la permission de porter un toast.
Vous l'avez, mais tâchez d'être convenable.
MOMRICHARD.
Attendez-nous. (.\rrivé pris de la table.) NoUS VOUS éCOUtOUS,
ADOLPHE
Au sexe enchanteur qui fait à la fois le charme et le tourment de l'existence , en un mot aux dames !
MON TRICHA RD.
Vous allez un peu loin, monsieur Adolphe.
I RxMA.
Oui, c'est risqué.
PAULINE
Cela sent son homme à bonnes fortunes.
ADOLPHE
Oh! madame...
MONT RICHARD
Vous devez en avoir furieusement! Un homme est si exposé au théâtre!
ADOLPHE
Ce ne sont pas les occasions qui me manquent, je l'avoue.
MOXTRICHARD.
Qu'est-ce qui vous manque donc, mon Dieu ?
Jai toujours eu des mœurs.
IRMA
/•^i îmrri j'i ii .li linijiiiu "iim —
MONTRICHARD
C'est vrai, de mauvaises.
ADOLPHE
Les miennes sont pures : je suis marié.
PAULINE
C'est un défaut, mon cher; tâchez de vous en corriger.
IRMA
Et surveille ta femme, je ne te dis que ça.
ADOLPHE
.le \ous prie de respecter la mère de mes enfants.
MONTRICHARD
Vous avez des enfants, ô Adolphe?
ADOLPHE
Trois, qui sont tout mon portrait.
PAULINE
Je plains le plus jeune.
ADOLPHE
Pourquoi ?
C'est celui qui a le plus longtemps à vous ressembler.
MONTRICHARD
Bah ! tous les enfants commencent par ressembler à leur papa et finissent par ressembler à leur père 1
IRMA
La voix du sang est un préjugé !