ACTE III, SCÈNE I
ilONTRICHARD.
Je ne dis pas cela.
PAULINE
Que dites-vous donc alors"? Car toute ma méchanceté aboutit en dernier résultat à assurer un mariage que vous désirez plus que moi.
MOÎSTRICIIAUD.
C'est un autre point de vue, ceci, et sous cet aspect votre idée est absurde : mademoiselle de Wurzen épousera tout simplement le jeune premier avec qui vous l'aurez compromise.
PAULINE
Ah! voilà où le bat vous blesse? Rassurez-vous ; je ne crois pas qu'elle épouse mon mari.
MONTRICHARD
C'est avec votre mari?... Vous êtes folle, ma chère! vous raisonnez comme s'il s'agissait de mademoiselle Taffetas... ou d'Olympe! Une fille honnête ne s'amourache pas d'un homme marié.
PAl LIXE.
Oui, cela parait ditlicile au premier abord.
MONTRICIIARU.
Et impossible au second.
PAULINE
Si j'en viens à bout, qu'est-ce ([uc vous direz?
MONTRICHARD
Je vous demanderai à voir vos grilles... mais je suis tranquille.
PAULINE
L'admiration vous jetterait à mes genoux si je vous montrais par quel moyen simple et sur j'opérerai ce miracle.
Ne me le montrez pas! Je ne veux tremper dans vos diableries qu'en qualité de bon génie.
PAILINE.
A la bonne heure! vous voilà dans votre rôle.
MONTRICn.VRD.
Au milieu de tout cela, quel sera le sort de Baudel?
PAULINE
Je le réserve pour le temps où je serai libre.
.le reconnais votre prévoyance habituelle.
PAULINE
En voilà un sur lequel je m'étais trompée! Je le trouvais autrefois d'un parfait ridicule...
M ONT RICHARD
Je crois bien; il n'avait pas encore hérité de son père.
PAULINE
Dites qu'il ne vous avait pas encore donné ce coup d'épée...
MONTRICIIARD.
Sans lésiner, c'est vrai.
PAULINE
Les femmes aiment les vainqueurs.
MONTRICIIARD.
Elles aiment surtout les imbéciles riches. Baudel est votre aflaire; il se prend pour Buckingham amoureux de la reine Anne ; il fera les choses royalement.
UN DOMESTIQUE, annonçant.
M, de Beauséjour.
MONTRICHARD
Quand on parle du loup...