‹ Le mariage d'Olympe; pièce en trois actes en proseChapitre 63 sur 84 · ACTE III, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IL

Montrichard do vous remettre un petit objet ([u'hier vous avez

oublié chez moi... (eUo im ilonne U rh-UV-e. ) BAUDEL, à part.

Ah! diable!

PAULINE

Seulement, je vous préviens que j'ai prélevé la part des pauvres. Cela vous apprendra à no pas commettre de pareils oublis chez une dame de charité.

BAUDEL, pince.

.le suis heureux, madame, d'avoir fait l'aumône par vos mains.

M 0 .N ï U I C U A R D , bas à Pauline.

Vous ^•oulez donc le ruiner à fond?

PAULINE, bas.

On ne sait pas.

BAUDEL.

C'est une visite d'adieux que je viens vous faire, madame.

PAULINE

D'adieux !

BAUDEL.

.Je pars aujourd'hui même pour Paris.

PAULINE, à part.

Le piège est grossier.

MONTmCIIAUD.

Cela te prend donc comme une envie d'élernuer?

BAUDEL.

Je reçois à l'instant une lettre de mon notaire qui me propose un magnili([ue mariage.

PAULINE, à part.

C'est cousu de fil blanc.

MONTIUCHAUD.

Si ton médecin te proposait une magniiiquc [)leurésie , lu accepterais donc?

BAUDEL.

i\'ul-ètrc ! La vie m'est à charge.

Si LE MARIAGE D" OLYMPE.

PAULINE

Est-il possible?

BALDEL.

.le suis né sous une mauvaise étoile, madame.

MONTRICHARD

Infortuné! déjà affligé à son âge do cent vingt-trois mille livres de rente !

BAVDEL.

Ah 1 que ne suis-je pauvre ! .le serais peut-être quelque chose à cette heure !

MONTRICHA UI» , à {.art.

11 seiait clerc d'huissier.

BAI DEL

.le me ferais un nom; je vivrais de ma plume...

MO.NTRICHABD, à part.

.le t'en retiens un paquet.

BAI' DEL

Tandis que la fortune, c'est l'oisiveté; elle nous livre pieds et poings liés à nos chagrins.

PAUL! NE

Vous avez des chagrins, monsieur de Beauséjour?

MONTRICHAP.D,

11 faut bien qu'il en ait pour se marier volontairement.

BAUDEL.

Un moment je me suis cru aimé, j'ai cru qu'une femme adorée me permettrait de lui consacrer ma vie ; je le croyais encore en recevant la lettre de mon notaire... et je comptais la déchirer aux pieds de mou idole... (u montre la lettre.)

il 0 N T R I C H A R D , prenant la lettre .

Une vraie lettre de notaire, ma foi !

PAlLîNE , à part.

Ce n'est donc pas un piège?

Mais j'ai reçu une preuve d'indifférence telle que je n'ai plus d'espoir, et me résigne à rentrer dans la vie ordinaire.

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