SCENE X
Les Mêmes, LE MARQUIS, une boite do pistolets à la main,
puis PAULINE et MONTRICHARD.
LE iMARQUIS.
Es-tu prêt?
HENRI
Oui, mon oncle.
LE MARQUIS
Tu te bats à vingt pas ; on échangera trois balles. Partons, ces messieurs doivent être en roule; j'ai une voiture de place en bas.
PAULINE , entrant à droite. - A part.
Je 1(\^ tiens maintenant.
MONTRICHARD, entrant par le ff nd.
N'allez pas plus loin, messieurs ; le duel n'aura pas lieu.
HENRI
Qui l'empêchera, monsieur?
MONTRICHARD
MoK'^ieur de Beauséjour a i)ris lit fuite.
LE MARQUIS
11 a pris la fuite?... C'est étrange; il a fait bonne rnntenanre devant moi.
MONTRICHARD
Oui, monsieur le marquis, et devant moi aussi. Il m'a prié d'aller chercher un notaire pour écrire son testament. Quand je suis rentré, son domestique m'a remis un mot qui m'apprenait son départ.
in; MU.
Le misérable !
PAILI.NE.
Consolez-veus , mon, oncle ; vous ne perdez que la moitié de votre vengeance : il vous reste le procès.
LE MARQUIS
Oui, madame.
PAULINE
.le dois cependant vous prévenir que j'y produirai une pièce sur laquelle vous ne comptez pas; une petite lettre d'une écriture que vous connaissez, et conçue en ces termes : « Cher Henri, je vous aime, vivez pour moi, qui mourrais de votre mort... » C'est signé : « Geneviève de Wurzen. »
LA MARQUISE
^'ous mentez, madame.
PAULI.NE
Interrogez plutôt votre petite-fille.
LE MARQUIS
Où est cette lettre?
PAULINE
En sûreté, monsieur le marquis. Je viens de l'envoyer à la Doste, à l'adresse de ma mère.
HENRI
C'est le ciel qui m'inspirait de l'ouvrir!
Par quelle trahison l'avez-vous obtenue?
PAULINE
S'il y a eu trahison , c'est de la part de votre ne\eu, qui a séduit...
Iniïimt'!