II E NU
Oui... j"ai tort I Un homme coupable d'une telle infamie.
on le tuerait commi» un chien ! mais une femme, tous les attentats lui sont permis !
PAULIAE.
.le trouve charmant d'être maltraitée pour les égarements de mademoiselle Genevic\ e !
LA JlAUyUISE.
Personne ici ne doute de son innocence, madame.
MCNTRICHAUD.
Personne !
PAULINE
Cette opinion de famille ne sera peut-être pas partagée par le tribunal.
HEARI.
Vous avez rendu tout procès im})ossib!e, madame; vlus le savez bien. — Vous triompjiez. Je subirai ma honte jusqu'au bout. Mais je la porterai sous un autre nom et sous un autre ciel. Nous partirons demain pour rAmérique.
PAULINE
Allez coloniser, si cela vous amuse, et quittez votre nom s'il vous plaît ainsi; moi, je garde le mien et je retourne en France.
HENRI
Détrompez-vous, madame; tant qu!> la loi ne nous a pas séparés, votre place est auprès de moi...
PAULINE
Eh bien, rien de plus simple; c'est moi (jiii vous ferai un procès en séparation.
LA MARQirSE.
Vous !
PAULINE
N'est-il j>as dans le cas prévu par le Code, adultère sous le toit conjugar? .l'ai drs preuves par écrit.
104 LE MARIAGE DOLYMPE.
HENRI
Vous me faites pitié.
PAULINE
Vous êtes compatissant. Mais prenez garde ; ce que je vous dis est très-sérieux.
LA MAUQriSE.
Est-ce qu'elle peut en effet, monsieur de Montrichard...?
MONTRICHARD
Intenter un procès? oui, madame. Je crois qu'elle le perdrait ; mais la réputation dune jeune fille ne traverse pas impunément un tel scandale. Permettez-moi un conseil , monsieur le comte : transigez.
PAULINE
Je ne demande qu'une séparation amiable , moi 1 je n'abuse pas de la victoire : mais je ne veux pas payer les frais de la guerre.
LE MARQUIS
Veux-tu me confier le soin de flotre honneur, Henri ?