ACTE PREMIER
lui direz que je l’aimais bien et que je ineurs pour elle! (Se levant.) D'ailleurs, elle le saura! Avant d’en finir, je lui ai fait des vers.
BRIGOT
Ah!
PATRICE; tirant un papier de sa poche et lisant.
On dit que tu te maries,
Tu sais que j'en vais mourir!
BRIGOT, continuant, en chantant.
Ton amour, c’est ma folie.
Hélas! je n’en peux guérir!
Il se lève.
(Parlé.) Vous savez que c’est connu ça!
PATRICE
Vraiment? (Avec philosophie.) Ga prouve que je ne suis pas le premier homme qui meurt d’amour!
BRIGOT
Allons! Voyons! Il faut se faire une raison! une Salle de mairie, ce n’est pas fait pour s’y pendre! n s’y met la corde au cou, mais on ne s’y pend pas.
PATRICE
Ah! on voit bien que vous ne savez pas ce que c’est que l’amour| BRIGOT.
Mais, si, j’ai connu ça! C’était même un beau brin de fille ! une gamine.
PATRICE
Une gamine!
BRIGOT
De ce temps-là... Aujourd’hui, elle a cinquantedeux ans!
C’est une vieille gamine!
Eh E MARIA : BRIGOT.
Ah! quels traits, mon ami! Dans le pays onn l’appelait que le bel écumoir !.…. .
PATRICE
Dur GE DE BA
Pourquoi?
BRIGOT
Parce qu’elle était criblée de la petite vérolel.…. Ga donnait du piquant à sa physionomie... Eh bien! elle en a épousé un autre! Vous croyez que j'ai été assez bête pour faire comme vous. Allons donc! Je n'ai rien dit. seulement j’ai pensé : "« Epouse-la, mon vieux, et nous nous retrouverons ! » et quinze jours après, je l’ai fait cornard.
PATRICE
Oui.
BRIGOT
Eh bien! mon garcon, faites comme moi, attendez et quand il y aura un mari, faites-le cornard!
PATRICE, lui serrant les mains,
Ah! monsieur, merci de ces bonnes paroles. Je le ferai, monsieur, je le ferai.
BRIGOT, C’est ça! Et qu’est-ce que c'est que ce mari? Un crétin?
PATRICE, avec conviction.
Oh! oui, monsieur. C’est un nommé Barillon.
BRIGOT, hondissant,
Mon neveu?
PATRICE
Votre neveu? qui se marie aujourd'hui avec la fille de madame Jambart!
BRIGOT, Mais, oui... (Envoyant brusquement un coup de poing dans
ACTE PREMIER sstomac de Patrice qui ne s’y attend pas et manque de tomber.) t c’est vous qui avez des idées comme ça sur mon eveu.… à
. PATRICE. # Hein! ; +
$ BRIGOT, lui envoyant un second coup de poing. Ah! Vous voulez le faire cornard!.. Et vous veez me dire ça à moi, son oncle!
PATRICE. ve Mais. ze BRIGOT, le bourrant,
Eh bien! vous avez du toupet !... Non, mais venez-y ï donc! Essayez done de le faire cornard! Essayez donc et vous aurez affaire à moil
; PATRICE, ahuri.
Mais non, monsieur, mais non!
Patrice bourré par Brigot, est acculé à l’extrème gauche.
VOIX DE BARILLON, à droite.
ar ici, belle-maman ! CE BRIGOT. & t tenez, le voilà... Dites-le lui un peu que vous «
ez le faire cornard.. mais dites-le lui donc! a PATRICE. 4
Je vous en prie, monsieur, je vous en prie! ; SCÈNE V . E
Les Mêmes, BARILLON, MADAME JAMBART, VIRGINIE. Ù
BARILLON, entre suivi de madame Jambart et de Virginie. . Venez! venez, par ici!