‹ Le mariage de BarillonChapitre 83 sur 98 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

URSULE, sortant par la gauche.

Bien, madame.

MADAME JAMBART, après la sortie de la honne, Jusqu’aux domestiques qui nous tournent le dos! | JAMBART.

Allons! où est-il ce chocolat ?

Eh! bien il est là! il vous crève les yeux.

Jambart prend la chocolatière,

VIRGINIE, entrant de gauche, deuxième plan.

“. Bonsoir, maman! (Elle l'embrasse.) Vous avez passé une bonne soirée?

Ah! oui, parlons-en!

VIRGINIE, allant à Jambart, lui tendant sa joue. Bonsoir, mon ami!

Jambart l’embrasse sans rien dire. Elle va à Barillon et lui tend la mème joue qu'a embrassée Jambart.

BARILLON, quiva pour l’embrasser, se ravisant. Non! : ‘est la joue à Jambart!

Il embrasse Virginie sur l'uutre joue, MADAME JAMBART,;, à Virginie qui est allée sasseuir à côté d'elle, -Prendé-tu du thé ou du chocolat, fillette? ., VIRGINIE.

Comme toi, maman, du thé!

Elles se servent du thé. Jambart qui a conservé la choco-

- latière jusque-là histoire de faire droguer Barillon qui attend la tasse à la main et avec des signes d'impatience qu'il ait fini de se servir,) prend tout son temps, verse le chocolat bien lentement dans sa tasse en s’arrêtant de tenps à autre, pozr le humer.— Barillon se croise les bras uvec impatience.

Eh bien, quand vous aurez fini de renifler dans le chocolat...

JAMBART, levant la tête et sans se déconcerter. Quoi, quand j'aurai fini? Nous ne sommes pas à

la course icil IL faut que vous vous jetiez sur la nourriture!

C’est bien, dépêchez-vous !

Voyant que Jambart n’ea fiait pas, il co1pe son paia en deux et se met à le beurrer. f

JAMBART, pose la chocolatière sans bruit, prend un morceau de pain et le coupe en deux pour le beurrer. Tout en coupant le pain,

Eh bien, je croyais que vous vouliez le chocolat. Maintenant qu’il est libre depuis une heure, vous ne le prenez pas. Tout ça c'était pour me faire enrager! hé!

MADAME JAMBART.

Voyons! Voyons:

BARILLON, à madame Jambart.

Mais, Frédégonde, je beurre mon pain, je ne peux pas faire plusieurs choses à la fois.

JAMBART, qui a fini de couper son pain, avance son couteau pour prendre une coquille de beurre dans le beurrier. Même jeu de Barillon. Sacressivement ils piq1ent leurs couteaux dans les mènes coquilles.

Eh bien, quoi! décidez-vons! Quelle coquille prenez-vous? Vous êtes là à piquer dans toutes les coquilles.

Mais sacrebleul c'est vous qui me prenez chaque fois la coquille que je pique.

Page 1