ACTE TROISIÈME 129 JAMBART
Eh bien! choisissez! là! vous ne direz pas que j'ai mauvais caractère, que je n’y mets pas du mien! (Entre ses dents.) Plus difficile qu’une femme!
BARILLON, repoussant avec colère le beurrier de son couteau. Tenez! prenez donc tout.
MADAME JAMBART. x
Oh! ces repas! ces repas! et on dit que les ménages à trois sont heureux!
JAMBART, qui a goûté à son choculat, faisant la grimace.
Pouah! ce chocolat est détestable!
Il reverse le coutenu de sa tasse dans la-chocolatière.
BARILLON, qui s’est levé et a suivi le mouvement avec ahurissement.
En voilà des manières!
JAMBART.
Vous ne vous êtes pas servi?
BARILLON, montrant sa tasse qui est vide.
Vous le voyez bien! Est-ce que ça se fait de remettre son chocolat quand on a bu!
JAMBART.
Eh bien! je n’ai pas la lèpre!
BARILLON. « Je ne sais pas qui vous a élevé, ma parole d’honneur | JAMBART.
Alors! vous ne voulez pas de ce chocolat?
- Non, je boirai du thé.
MADAME JAMBART.
Tenez! voilà du thé.
TR
VIRGINTE, le servant.
Il est très bont MADAME JAMBART.
Le marchand me l’a recommandé! Il m'a dit : il sent le désert!
Barillon boit.
C'est-à-dire qu'il sent le vieux chameau!
Pouah! (11 rejette avec dégoût sa tasse sur la table.) Je vous en prie, si vous n’en voulez pas, n’en dégoûtez pas les autres.
MADAME JAMBART, impérieusement,
Allons, voyons! Ces repas deviennent insupportables! Parlons d'autre chose.
VIRGINIE, cherchant un sujet de conversation. Oui, là. Avez-vous bien dormi la nuit dernière ? BARILLON.
Qui?
MADAME JAMBART.
Tous les deux.
JAMBART.
Nous n'avons pas l’habitude de dormir tous les deux |
MADAME JAMBART.
Je sais bien, mais je vous demande à tous les deux si vous avez bien dormi.
JAMBART.
Comme un loir!