Devienne, Histoire de Bordeaux, p
%. Lettre d'idiaquez à Los Govos du 3 décembre (Arch. nat., K. 1484, no 140).
3. Lettre de Gharles-Quint à Los Govos du 2 décembre 1539 (Arch. nat.,K. 1484, no 138).
4. Chronique du roy Françoys premier, publiée par M. Guiffrey, in-8o, p. 277. L'éditeur indique les sources où son annaliste a puisé. Voyez aussi Le Cérémonial françois par Godefroy, t. II, p. 750.
rentrée du château, accompagné du roi de Navarre, du duc de Somme et d'une foule de seigneurs. Les deux monarques s'avancèrent de front jusqu'au pied de l'escalier où se tenait la reine Léonor, sœur de Charles- Quint, la reine de Navarre, la dauphine, Catherine de Médicis, Marguerite, fille de François P% Jeanne d'Albret et la duchesse d'Estampes\ à qui l'étiquette de la cour permettait déjouer un rôle, même dans les solennités d'apparat'.
Le 1 3 décembre, les deux rois arrivèrent à Chenonceaux et le 14 à Àmboise. On montait à la cour d'honneur du château d' Amboise par une poterne circulaire, en degrés, bâtie dans un inmiense donjon, assez large pour un nombreux cortège. Le roi voulut y faire une entrée de nuit; la tour était € aornée de tous les aornemens dont on se pouvoit € adviser et tant garnie de flambeaux et autres lumi- € naires qu'on y voyoit aussi clair qu'en une campagne € en plein midy. > Les deux rois étaient à mi-chemin quand un page, portant une torche, mit le feu aux tapisseries. En un instant la tour fut c toute enflambée, € rendant si grant chaleur et lumière pour non avoir € yssue par dehors que Sa Majesté et tous les présens € pensarent estouffer, et, pour la grant multitude qui € suivoit, ne fut possible reculer. > Le feu s'éteignit
1. Anne de Pisseleu, née en 1508, fille d'honneur de Louise de Savoie, devint la maîtresse de François I^ après le retour de Madrid. Le roi lui fit épouser Jean des Brosses qu'il créa duc d'Estampes. La faveur de la duchesse dura jusqu'à la mort du roi.
2. Journal de Vandenesse (Bihl. nat., coll. Dupuy, vol. 560); Godefroy, Le Cérémonial françois, t. H, p. 750. Cet écrivain dit positivement que Jeanne d'Albret, malgré son jeune âge, suivait la cour.
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bientôt, mais le roi irrité voulait faire pendre le page malavisé ; c à quoy Sa Majesté l'empereur obvia, voyant c que la chose estoit advenue par inconvénient et € succédée à bien ^ »
Le 1 6, la cour est à Blois, le 1 8 à Ghambord, le 1 9 à Notre-Dame de Gléry. Le %0 au matin les arquebusiers d'Orléansdonnèrentleréveil-matinàrempereur.La ville avaitfaitdegrands préparatifs de fête; elleavaitemprunté de l'artillerie aux seigneurs voisins, dressé des arcade triomphe, sablé toutes les rues, tapissé les maisons, illuminé les fenêtres, préparé de grands feux de joie sur les murs et dans les clochers, habillé tous les bourgeois capables de porter des armes de parade'. L'empereur entra à trois heures de l'après-midi; il logea à l'hôtel de Saint-Âignan, dans l'appartement du roi. Fatigué et malade il ne put souper, mais il mangea des confitures et but du vin d'Orléans, alors fort renonmié. Le lendemain matin, à son réveil, les échevins lui présentèrent une table d'argent doré estimée SlOOO écus. Après la messe il partit pour Arthenay avec le roi'. A cette époque la route de Paris à Orléans était déjà pavée; elle excita Tadmiration de l'empereur.
1. Journal de Yandenesse (coll. Dupuy, vol. 560). Mémoires de du Bellay, liv. Vm, édit. du Panthéon littéraire, p. 693.
2. Gachard, Troubles de Gand, p. 287 à 302. Rèces imprimées d'après des documents conservés dans la collection Dupuy, vol. 591. — Voyez aussi la Chronique du roi Prançoys premier, publiée par M. Guiffrey, p. 278.
3. Lettre de Henri de Tolède à Los Govos, du 7 janvier 1540 (Arch. nat., K. 1485, n» 13). Voyez aussi Godefroy, Le Cérémonial français, t. H, p. 750, et la Chronique du roi Françoys premier, p. 288. Ces deux ouvrages paraissent avoir eu recours aux mômes sources.
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Chaque étape était marquée par des fêtes. Le 24 décembre, Charles-Quint arriva près de Fontainebleau où le roi l'avait précédé. A son entrée dans la forêt, il fut reçu par une troupe de seigneurs et de dames, déguisés c en dieux et déesses bocagers, > qui exécutèrent une danse rustique au son du hautbois. Fontainebleau, la résidence de prédilection du roi, se prêtait à toutes les splendeurs ; la grande allée était ornée de girandoles et d'arcs de triomphe. Un souper suivi d'un bal avait été préparé dans la galerie. Les jours suivants les fêtes, les chasses, les bals continuèrent sans relâche^
Le 31 décembre, l'empereur coucha au château de Vincennes*. Le lendemain matin, il déjeuna au couvent de Saint-Antoine-des-Champs, avec le Dauphin, le duc d'Orléans, le roi de Navarre, le duc de Lorraine et les principaux seigneurs de sa suite. Après le repas il reçut successivement l'Université et ses suppôts; les moines et gens d'église; le chancelier de France; les
1. Trésor des merveilles du château de Fontainebleau, 1642, in-foL, p. 215.
2. Nous avons plusieurs récits de rentrée de TempereuràParis. L'un porte pour titre : La magnifique et triomphante entrée de très^llustre et sacré empereur Charles César, toujours Auguste, faite en la excellente ville et cité de Paris le jour de Van en bonne estreine, Lyon, François Juste, petit in-S» de 54 pages, imprimé en caractères gothiques. Ce petit volume est fort rare. D y en a un exemplaire dans la collection de pièces de Fontanieu, au département des imprimés de la Bibliothèque nationale, vol. 170.
Un autre récit est conservé au département des manuscrits, f. fr., vol. 3050, f. 31 et suiv.
Enfin un troisième, plus complet à certains égards que les deux autres, se trouve dans la Chronique du roi Françoys premier publiée par M. GuiJBTrey, p. 291 et suivantes.
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échevinsdela viUe;leParleinent, préoédéde seshuissiers à verge, des quatre notaires, des greffiers, les présidents en robe d'écarlate fourrée avec chaperons de velours brodé d'or, les conseillers en robe rouge; la cour des comptes ; le légat, accompagné des cardinaux ; les deux cents gentilshommes de la maison du roi et une foule de seigneurs. Le premier président^ prononça un discours c par harangues et parolles si haultes et magna* € nimes que la sacrée Magesté impériale fust bien € joyeulx de les ouyr. > Malgré la présence de son chancelier, l'empereur daigna répondre de sa propre bouche € qu'il desiroit que les vertus qu'on luy avoit c attribuées feussent en luy et que le zèle et conservac tion de la paix avec le roy ne luy defauldroit. >
Le cortège s'ébranla après les réceptions. Marot nous apprend que la veille il avait plu, mais que le jour de l'entrée fiit clair et serein :
Lorsque, César, Paris il te pleut voir Et que pour toy la ville estoit ornée, Ud jour devant il ne feit que plouvoir Et lendemain claire flit la journée^.
Une foule inmiense emplissait les rues; bourgeois et manants de Paris, avides alors comme aujourd'hui de spectacles et de fêtes, s'étaient portés vers les ruelles étroites du quartier Saint-Antoine. La maison du roi et le roi de Navarre ouvraient la marche. Ils étaient suivis des c ducs, contes, princes et seigneurs de la
1. Pierre Lizet, né en Auvergne vers 1482, avocat, conseiller, avocat général et premier président du Parlement de Paris en 1529. Disgracié en 1550 pour avoir déplu au cardinal de Lorraine, il mourut pauvre en 1554. Voyez de Thou (1740, t. I, p. 524).