Pontani historiée Gelrica, 1639, in-folio, p
3. Lettre de Karl Harst du 4 juin 1541 et réponse datée du 27 juin (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n* 16, pièces 9 et 10).
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mémoire où les réserves du suzerain étaient compendieusement établies, au nom de l'ancien droit germanique. Charles-Quint déclara lui-même qu'il avait mandé le duc à Ratisbonne, mais que, au lieu d'obéir, Guillaume s'était retiré en France. Les ambassadeurs de Clèves ripostèrent au mémoire du chancelier; ils ofifraient de donner des explications équitables coram paribus et soumettaient la cause de leur maître à l'arrêt de la diète, mais l'empereur refusa de les laisser discuter. Cependant la diète était favorable au jeune prince et plusieurs assistants, notanmient le duc de Brunswick et le landgrave de Hesse, voulurent intercéder en sa faveur. Charles-Quint, voyant que la majorité se dessinait contre lui, signifia à l'assemblée qu'il aviserait seul. L'échec de cette accusation combla de joie le duc de Clèves; il envoya ces bonnes nouvelles au roi, à la reine de Navarre, au cardinal de Toumon, en leur recommandant le secrets
Le 26, le duc arriva à Arthenay, le 27 à Angerville, le 28 à Montléry ; le 29, il fit une entrée triomphante à Paris, et alla loger dans l'hôtel du maréchal Ânnebaut, près la rue Saint-Antoine. Le 30, il prit possession de son siège au parlement comme époux d'une fille de France. Il se présenta à la cour, accompagné du duc de Nevers et de l'évêque de Séez. Les conseillers Louis du Bellay, François Disque, Jacques le Roux et Jean Hennequin le reçurent à la porte de la Sainte-Chapelle. Le prince dit qu'il venait « faire la révérence à la cour,
1. Trois lettres du duc datées du 25 juin 1541; deux lettres adressées à Gruser (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n« 17, f. 442, 443, 250, 257 et 354).
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< comme l'honneur luy appartenoit». Il fut complimenté par François de Monthelon, président, plus tard chancelier de France, et prit place à son rang. Une cause fut appelée et plaidée devant lui, mais on remar^ qua qu'au moment de rendre l'arrêt le président négligea de lui demander son opinion ^ Le même soir il visita le château de Vincennes. La satisfaction qu'il éprouvait de la brillante réception que lui avaient faite les villes, le roi et la ville de Paris, lui dictait des lettres de remerdment. Le 30 juin, il en écrivit une au roi, et le lendemain au roi, à la reine et à la princesse de Navarre. Marguerite encourageait ses espérances : € Le roi, dit-elle, a esté fort ayse de ce que tous ses
< subjects vous monstrent, par Tonneur qu'ilz vous « hont faict en la vile de Paris, l'amour qu'il vous
< porte, laquelle, je vous asseure, croist tous les « jours, et souvent regrette votre absance *. >
Le 1®' juillet, le duc de Clèves repartit pour l'Allemagne ; il s'arrêta à Saint-Denis, visita les tombeaux des rois de France et coucha à Nantouillet, résidence du chancelier Duprat, le S à La Ferté-Milon, le 3 au château deLa Fère, appartenant à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, où il remarqua une volière et une ménagerie, composées d'animaux rares, le 4 à Reims, à l'abbaye de Saint-Remy ; l'abbé, le cardinal de Lenoncourt, lui fît une réception solennelle. Le 5, de Pont- Faverger, il renvoya le duc de Nevers , son écuyer
1. Extrait des registres du parlement (Bibl. nat., coll. Glairambault, vol. 50, f. 7259).
2. Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n« 17, f. 243, 446 et 450. Lettre de Marguerite au duc de Glèves, sans date (ibid., f. 428). Cette lettre est imprimée aux Pièces justificatives.
d'honneur, avec de nouvelles lettres de remerdment au roi de France, au dauphin, au roi, à la reine et à la princesse de Navarre. Le 6, il passa à Sedan, où le gouverneur, Jean de Horst, lui donna, sur la traversée des Pays-Bas, des renseignements qui le décidèrent à reculer jusqu'à Metz. Il y arriva le 9 juillets
ÀMetzconunençaientlesdifficultésduvoyage. Leduc avait obtenu facilement un sauf-conduit du duc de Lorraine, mais il était à craindre que, sur ses terres, l'emr pereur n'eût semé la route d'embuscades. Le bruit s'en était répandu en France et en Allemagne ; Guillaume avait demandé un sauf-conduit et une escorte à la reine de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas; elle avait répondu avec des réticences qui laissaient le champ ouvert à toutes les interprétations, et n'avait pas envoyé l'escorte. Malgré la vigilance du duc et de sa mère, les agents impériaux s'étaient créé des intelligences aux portes mêmes de Dusseldorf , dans les états héréditaires de Clèves. Les éclaireurs du roi signalaient des mouvements de troupes de mauvais augure dans les garnisons espagnoles. François P^ avait donné au duc de Guise, gouverneur de Champagne, des pleins pouvoirs pour assurer le retour du duc de Clèves, au besoin pour lever des troupes et former un cortège. Mais ces précautions étaient incomplètes ; le passage des Pays-Bas restait plein de dangers. La cour avait les yeux fixés sur le héros de cet aventureux voyage. Le roi demandait des nouvelles à tous ses
1. Récit du chancelier Olisleger dans le t. I de Zeitschrift des Bergischen Geschichtsvereins. — Lettres du duc de Clèves du 5 juillet 1541 (Arch. de Dusseldorf, n* 17, f. 451).
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agents. La reine Marguerite envoya un messager au duc et écrivit au chancelier Ghogreff : < Le désir que c j'ay de sçavoir comme se porte monsieur mon filz « me faict luy envoyer ce porteur exprès. Je vous prye « que par luy vous m'escripvez bien au long, tant de la « disposition de sa personne que de la façon de son € voyage, par ou il sera passé et quels sauf-conduictz € luy auront esté octroieez, que du bon traictement « que luy aura esté fait, et de quy, a celle fin que j'en < sçaiche bon gré a quy j'en seray tenue. > Jeanne d'Albret écrivit à son époux pour la première fois et lui adressa une lettre pleine de grâce , où , après avoir parlé de sa faiblesse, elle promet que de bonnes nouvelles la remettront en santé : < car il n'y a médecine € au monde, dit-elle, quy puisse tant servir a ma santé € que de savoir que la votre est bonne K >
Les craintes furent vaines. Le 1 2i, après une marche forcée de trois jours, le prince arriva à Trêves et fut très-bien reçu par l'électeur; il apprit là que l'empereur avait prononcé devant témoins des menaces contre lui. Il renvoya à la cour son ambassadeur Gruser afin d'en informer le roi. Le lendemain il s'em-
1. Sauf-conduit donné par le duc de Lorraine au duc deClèves, du 24 juin 1531; lettre de Ghogreff au duc de Nevers du 27 juin; du duc de Nevers à Ghogreff, du 26 juin ; du duc Guillaume au roi, du 30 juin; du duc de Lorraine au roi, du 24 juin; du roi au 8. de Jamets, du 3 juillet ; du roi au duc, du 3 juillet ; des conseillers du duc à Olisleger, du 4 juillet; de la reine de Navarre à Ghogreff, du 7 juillet ; du duc au roi et à la reine de Navarre, du 1« juillet; de Jeanne de Navarre au duc, sans date (Archives de Dusseldorf (JuUch-Berg, n- 17, f. 240, 241, 242, 243, 251, 252, 253, 254, 446, 465, 449; — et no 16 1/2, pièce 2). Les lettres de Jeanne d'Albret et de la reine de Navarre sont imprimées aux Pièces justificatives.
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barqua sur la Moselle jusqu'à Goblentz, descendit le Rhin et arriva le 1 6 juillet à Dusseldorf ^
Le mariage de Jeanne d'Âlbret et du duc de Glèves avait été Toccasion d'une révolution éclatante à la cour. Le roi, s'abandonnant de plus en plus à l'empire de la duchesse d'Estampes, chassait successivement ses ministres, ses serviteurs, ses compagnons de jeunesse, à mesure qu'ils arrivaient à inspirer de l'ombrage à la favorite. Tel était le crédit de la belle Anne, que les ambassadeurs la recherchaient conune l'arbitre de la paix et de la guerre. La reine de France, Léonor de Castille, princesse flamande douce et sympathique, qui traversa en étrangère les vingt dernières années de ce brillant règne, s'humiliait elle-même devant cette puissance. Une lettre d'elle au grand commandeur de Léon parle des bonnes dispositions du roi pour la paix, de celles de madame d'Estampes, < ce qui est le point capital >, et conseille aux agents impériaux de ménager l'altière duchesse*. Quels aveux pour une sœur de Gharles-Quint ! Et cependant la fidélité de la dame d'Estampes est contestée par les contemporains aussi bien en amour qu'en politique; Le Bossut deLongueval, celui même que nous avons vu employé auprès du duc de Glèves, passait pour son amant^; la reine Marguerite, dans ses
1. Lettre du duc à la reine de Navarre du 12 juillet 1541 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n? 17, f. 454). — Récit du docteur Olisleger.
2. Lettre autographe de la reine Léonor sans date (Arch. nat., K. 1485, no 48).
3. Dans l'enquête dressée contre la dame d'Estampes, à la requête de son mari, après la mort de François I^^, il est fait quelques allusions aux relations de Longueval avec elle (f. fr., vol. 2831, f. 211).
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lettres, fait des allusions à ses infidélités. Suivant Vincent Carloix, elle trahissait encore le roi en révélant des isecrets politiques : elle avait donnéaux agents impériaux la clef du chiffire de la correspondance du duc de Guise ^; dans une autre circonstance que nous exposons plus loin, elle dénonça les dispositions militaires du roi de Navarre. Mais la passion du roi allait jusqu'à l'aveuglement. Il affichait ses amours sans souci de la présence de la reine ; pendant les fêtes du mariage de la fille du maréchal Ânnebaut, à travers ses folies luxueuses, il ne parut occupé que de sa maîtresse, au grand scandale de l'ambassadeur de Gharles-Quint. Les courtisans disaient € par moquerie que l'estoile de Venus écrasoit l'estoile € de Mars* »• Voici dans quels termes le représentant des Pays-Bas, en avril 1 541 , signalait les diverses influences qui se partageaient la faveur du roi :
Madame d'Estampes a plus de crédit que jamais. Monsieur le connétable la complète et luy faict la cour, mais son crédit diminue chaque jour. D a eu de grosses paroles contre le chancelier jusques à démentir. Le chancelier lui dict qu'il avait du papier dans ses coffres pour le payer comptant et pour luy
1. V. Garlois, Mémoires sur Vieilleville, liv. H, chap, 11; sic Belcarius. — Cette accusation peut être contestée. Dans la nombreuse correspondance des ambassadeurs espagnols, conservée aux archives, il n'y a trace que d'une seule révélation de la dame d'Estampes aux agents impériaux (E. 1486, n? 50). Voyez plus loin. — Enfin dans le procès intenté à la duchesse en 1556 par son mari^ où Henri n et tous les ennemis de la maîtresse de François I«' furent appelés à déposer, il n'est fait aucune allusion à ses trahisons (f. fr., vol. 2831, f. 211). — Quant à sa fidélité en amour, nous devons avouer que nous n'avons aucun renseignement certain.
2. Lettre de Saint-Mauris sans date (Arch. nat., E. 1486, no 14).
faire faire quelque jour un mauvais tour. On présuj^ose qu'il n'en ira point moins que Famiral... Le chancelier gouverne tout. Après luy le cardinal de Toumon et Monsieur de Annebaut sont ceulx qui ont le plus de crédit ^
En donnant ces informations à la reine de Hongrie, de Vaux se montrait prophète. L'année précédente le connétable et la dame d'Estampes, réunis par leur intérêt conunun, avaient obtenu la disgrâce et l'emprisonnement de l'amiral Philippe de Chabot Brion*. Mais Montmorency ne jouit pas longtemps de son triomphe. Il était l'ami du dauphin, l'adorateur du soleil levant et par conséquent suspect au roi, le courtisan de Diane de Poitiers et par conséquent l'ennemi de la duchesse d'Estampes ^ Son insistance à se porter
1. Lettre du s. de Vaux du 8 avril 1541 (Arch. de Bruxelles, Gorresp. de Charles V avec Marie de Hongrie, p. 34).
2. Chabot de Brion fut jugé par une commission présidée par le chancelier Payet et convaincu de nombreuses concussions. L'arrêt de condamnation est daté de Fontainebleau et du 8 février 1540. Cet arrêt énumère avec détails tous les chefs de Taccusation et contient presque un traité dogmatique des devoirs d'administration générale, telle qu'on l'entendait alors. Il est imprimé dans le Recueil des anciennes lois françaises, t. XII, p. 721.
3. On a attribué à bien des causes différentes la disgrâce du connétable; nous donnons ici la version de Brantôme, t. m, p. 346, édit. de la Soc. de VHist, de France, L'éclatant rétablissement du connétable dans ses charges après l'avènement de Henri H prouverait que l'hypothèse de Brantôme est la mieux fondée. Ajoutez que la faveur du connétable avait déjà subi des éclipses avant que le roi sût à quoi s'en tenir sur la mauvaise foi de Charles-Quint. (Lettre de Montejean au connétable, du 12 avril 1540, dans les Mémoires de Ribier, t. I, p. 516.) Voyez cependant les Mémoires de Martin du Bellay (édit. du Panth. litt, p. 694) et ceux de Gaspard de Saulx-Tavannes {Ibid,, p. 95).
garant des promesses de Charles-Quint, lorsque l'empereur avait traversé la France, faisait dire à ses ennemis qu'il s'était vendu au grand ennemi du roi. La dame d'Estampes avait dit : < C'est un grand coquin; € il a trompé le roy en disant que l'empereur lui donnef roit de suite le Milanais quand il savoit le contraire\ > Il osait contrecarrer la politique de son maître en Allemagne. La reine Marguerite l'accusait de travailler, de concert avec le chancelier Poyet et le cardinal du Bellay, à détacher du duc de Glèves les princes protestants. L'attitude de Montmorency donnait prise à ces attaques. Soit qu'il se fût laissé gagner par l'empereur, conmie l'assurait la dame d'Estampes, soit plutôt qu'il espérât raffermir son crédit par un service éclatant, il envoya au mois d'octobre le duc de Wurtemberg à la diète avec des instructions contraires aux lettres du roi. Cette démarche imprudente mit le comble à sa défaveur. Le roi le désavoua publiquement et reconmianda expressément à ses alliés protestants de faire arriver leurs ambassadeurs auprès de lui et non auprès du connétable, qui cherchait à les attirer à Paris. Cruser, informé de ces tiraillements par la reine Marguerite, se hâta d'avertir le chancelier Ghogreff que le connétable avait perdu la confiance du roi ^ Mais sa disgrâce n'alla pas jusqu'à la privation des biens; il put recueillir les terres que le sire de Chateaubriand, soupçonné d'avoir fait périr sa femme, lui avait promises par donation
1. Lettres de Bonvalot à l'empereur du 5 août, 10 août et 4 septembre (Arch. nat., K. 1485, n<>« 17, 18 et 23).
2. Lettres de Gruser et de Dorinck du l^», du 27 septembre et du 9 octobre 1540 (Julich-Berg, n* 17, f. 147, 154 et 165).
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pour étouffer les poursuites *. Il parut même à la cour ; mais le roi le tenait hors de ses conseils. On ne trouve pas une seule trace de son action politique dans les lettres échangées entre les cours de France et de Dusseldorf pendant le printemps de 1 541 • Ce silence est significatif. Enfin, le lendemain des fêtes de Ghâtellerault, le connétable reçut Tordre de se retirer à Chantilly *. Malgré l'appui de ses amis et surtout du dauphin, il ne put jamais rentrer en grâce avant la mort de François P'.
La chute du connétable remit en faveur Tamiral Phi- Uppe de Chabot Brion. Il fut réintégré dans ses biens en avril 1 541 , par le crédit de madame d'Estampes suivant les uns, ou suivant les autres par les intrigues de sa jeune fenune, dont la beauté avait attiré les regards du roi. Aussitôt rentré à la cour, il se hâta de réaliser € le tiers ou le quart i> de sa fortune et de la faire passer en Bourgogne, dans les états impériaux, à l'abri des confiscations futures. Si l'on en croit les lettres de de Vaux, qui le vit après son retour, il prêtait volontiers l'oreille aux agents impériaux et, € si on € l'eust volu praticquer, on l'eust gainé aisément^ >.
Le chanceUer Poyet, devenu l'ennemi du connétable après avoir été longtemps son complice , fut disgracié à son tour. Sa faveur ne tenait qu'à sa servilité. Le roi.
1. Plusieurs contemporains font allusion à cette affaire; Vincent Garloix est celui qui donne le plus de détails {Mémoires de Vieilleville, liv. I, chap. 30, 31 et 32).
2. Brantôme, Vie de Montmorency. U était à Chantilly le 29 juillet 1541 (Bibl. nat., f. f., vol. 17357, f. 9).
3. Lettre de de Vaux du 8 avril 1541 (Arch. de Bruxelles, Corresp. de Charles V avec Marie de Hongrie, p. 34).
toujours appauvri par ses guerres continuelles, ses prodigalités, ses bâtisses et ses maîtresses, demandait chaque jour de nouvelles ressources. Poyet le servait avec une fertilité d'esprit et une audace sans limites. Ministre sans conscience et sans pudeur, il inventait des ventes d'offices, des gabelles, renouvelait les tailles plusieurs fois sous des noms différents, vendait la justice, créait des droits fiscaux, rançonnait les solliciteurs des trois états, pressurait les villes et les conununautés religieuses; il n'avait d'égards que pour les favoris du roi. Ses exactions s'ajoutaient aux impôts et augmentaient le poids des charges publiques; il était devenu l'objet de l'exécration générale. Au commencement de 1 541 , le bruit se répandit que, sur sa proposition, les gentilshonunes allaient être assujettis aux tailles, et les biens nobles dépouillés des moulins sur rivière. Grande émotion à la cour. Mais comment faire parvenir au roi les plaintes de sa noblesse? personne n'osait parler au maître. On s'avisa d'un moyen détourné ; un seigneur laissa tomber sans être vu dans la chambre de la dame d'Estampes une lettre supposée de l'empereur à son ambassadeur, qui traçait un tableau du mécontentement général ^ La lettre passa sous les yeux du roi et, jointe à d'autres plaintes, fiit l'acte d'accusation du chancelier. En outre Poyet avait déplu à la dame d'Estampes'. Cependant il ne fat arrêté que le 1 ®' août 1 5421 ; dégradé après une longue détention, il fat condanmé le 3l4 avril 1 545 à d'énormes amendes ^.